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LA MARE AU DIABLE.

2t

pas qui l'on trouve. J'avais une brave femme, une
belle femme, douce, courageuse, bonne à ses père et
mère, bonne à son mari, bonne à ses enfants, bonne
au travail, aux champs comme à la maison, adroite à
l'ouvrage, bonne à tout enfin; et quand vous me
l'avez donnée, quand je l'ai prise, nous n'avions pas
mis dans nos conditions que je viendrais à l'oublier
si j'avais le malheur de la perdre.

Ce que tu dis est d'un bon cœur, Germain,
reprit le père Maurice; je sais que tu as aimé ma fille,
que tu l'as rendue heureuse, et que si tu avais pu
contenter la mort en passant à sa place, Catherine
serait en vie à l'heure qu'il est, et toi dans le cime-
tière. Elle méritait bien d'être aimée de toi à ce point-
là, et si tu ne t'en consoles pas, nous ne nous en
consolons pas non plus. Mais je ne te parle pas de
l'oublier. Le bon Dieu a voulu qu'elle nous quittât,
et nous ne passons pas un jour sans lui faire savoir
par nos prières, nos pensées, nos paroles et nos
actions, que nous respectons son souvenir et que nous
sommes fâches de son départ. Mais si elle pouvait te
parler de l'autre monde et te donner à connaître sa
volonté, elle te commanderait de chercher une mère
pour ses petits orphelins. Il s'agit donc de rencontrer
une femme qui soit digne de la remplacer. Ce ne sera
pas bien aisé; mais ce n'est pas Impossible; et quand
nous te l'aurons trouvée, tu l'aimeras comme tu aimais
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