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LA MARE AU DIABLE.

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Ma bru est près d'accoucher, et elle en a encore un
tout petit sur les bras. Quand celui que nous attendons
sera venu, elle ne pourra plus s'occuper de ta petite
Solange et surtout de ton petit Sylvain, qui n'a pas
quatre ans et qui ne se tient guère en repos ni le jour
ni la nuit. C'est un sang vif comme toi ça fera un
bon ouvrier, mais ça fait un terrible enfant, et ma
vieille ne court plus assez vite pour le rattraper quand
il se sauve du côté de la fosse, ou quand il se jette
sous les pieds des bêtes. Et puis, avec cet autre que
ma bru va mettre au monde, son avant-dernier va
retomber pendant un an au moins sur les bras de ma
femme. Donc tes enfants nous inquiètent et nous sur-
chargent. Nous n'aimons pas a voir des enfants mal
soignes et quand on pense aux accidents qui peuvent
leur arriver, faute de surveillance, on n'a pas la tête
en repos. Il te faut donc une autre femme et it moi
une autre bru. Songes-y, mon garçon. Je t'ai déjà
averti plusieurs fois, le temps se passe, les années ne
t'attendront point. Tu dois a tes enfants et a nous
autres, qui voulons que tout aille bien dans la mai-
son, de te marier au plus tôt.

Eh bien, mon père, répondit le gendre, si vous
le voulez absolument, il faudra donc vous contenter.
Mais je ne veux pas vous cacher que cela me fera
beaucoup de peine, et que je n'en ai guère plus d'en-
vie que de me noyer. On sait qui on perd et on ne sait
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