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LA MAHE AU DIABLE.

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rent ensemble à l'esprit, et qu'en voyant ce couple
si beau, l'homme et l'enfant, accomplir dans des con-
ditions si poétiques, et avec tant de grâce unie à
tant de force, un travail plein de grandeur et de solen-
nité, je sentis une pitié profonde mêlée a un respect
involontaire. Heureux le laboureur! Oui, sans doute,
je le serais à sa place, si mon bras, devenu tout d'un
coup robuste, et ma poitrine devenue puissante, pou-
vaient ainsi féconder et chanter la nature, sans que
mes yeux cessassent de voir et mon cerveau de com-
prendre l'harmonie des couleurs et des sons, la finesse
des tons et la grâce des contours, en un mot la beauté
mystérieuse des choses, et surtout sans que mon
cœur cessât d'être en relation avec le sentiment divin
qui a préside & la création immortelle et sublime.
Mais, hélas! cet homme n'a jamais compris le
mystère du beau, cet enfant ne le comprendra ja-
mais Dieu me préserve de croire qu'ils ne soient
pas supérieurs aux animaux qu'ils dominent, et qu'ils
n'aient pas par instants une sorte de révélation exta-
tique qui charme leur fatigue et endort leurs soucis!
Je vois sur leurs nobles fronts le sceau du Seigneur,
car ils sont nés rois de la terre bien mieux que ceux
qui la possèdent pour l'avoir payée. Et la preuve
qu'ils le sentent, c'est qu'on ne les dépayserait pas
impunément, c'est qu'ils aiment ce sol arrose de leurs
sueurs, c'est que le vrai paysan meurt de nostalgie
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