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LA MARE AU DIABLE.

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d'agneau qui le faisait ressembler au petit saint Jean-
Haptistc des peintres de la llenaissance, marchait dans
le sillon parallèle à la charrue et piquait le iïanc des
bœufs avec une gaule longue et légère, armée d'un
aiguillon peu acéré. Les fiers animaux frémissaient
sous la petite main de l'enfant et faisaient grincer les
jougs et les courroies liés a leur front, en imprimant
au timon de violentes secousses. Lorsqu'une racine
arrêtait le soc, le laboureur criait d'une voix puissante,
appelant chaque bête par son nom, mais plutôt pour
calmer que pour exciter; car les bœufs, irrités par cette
brusque résistance, bondissaient, creusaient la terre
de leurs larges pieds fourchus, et se seraient jetés de
côté emportant l'areau à travers champs, si, de la voix
et de l'aiguillon, le jeune homme n'eût maintenu les
quatre premiers, tandis que l'enfant gouvernait les
quatre autres. Il criait aussi, le pauvret, d'une voix
qu'il voulait rendre terrible et qui restait douce comme
sa figure angélique. Tout cela était beau de force ou de
grâce le paysage, l'homme, l'enfant, les taureaux sous
le joug; et, malgré cette lutte puissante, la terre
était vaincue, il y avait un sentiment de douceur et de
calme profond qui planait sur toutes choses. Quand
l'obstacle était surmonté et que l'attelage reprenait sa
marche égale et solennelle, le laboureur, dont la feinte
violence n'était qu'un exercice de vigueur et une
dépense d'activité, reprcnttit tout à coup la sérénité
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