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LA .MARE AU DIABLE.

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Le vieux laboureur travaillait lentement, en silence,
sans efforts inutiles. Son docile attelage ne se pressait
pas plus que lui; mais grâce à la continuité d'un
labeur sans distraction et d'une dépense de forces
éprouvées et soutenues, son sillon était aussi vite
creusé que celui de son fils, qui menait, & quelque
distance, quatre bœufs moins robustes, dans une veine
de terres plus fortes et plus pierreuses.

Mais ce qui attira ensuite mon attention était véri-
tablement un beau spectacle, un noble sujet pour un
peintre. A l'autre extrémité de la plaine labourable,
un jeune homme de bonne mine conduisait un atte-
lage magnifique quatre paires de jeunes animaux a
robe sombre mêlée de noir fauve & reflets de feu, avec
ces têtes courtes et frisées qui sentent encore le tau-
reau sauvage, ces gros yeux farouches, ces mouve-
ments brusques, ce travail nerveux et saccadé qui
s'irrite encore du joug et de l'aiguillon et n'obéit qu'en
frémissant de colère & la domination nouvellement
imposée. C'est ce qu'on appelle des bœufs /)'/ï~7«'H:~
h'< L'homme qui les gouvernait avait & défricher un
coin naguère abandonné au pâturage et rempli de
souches séculaires, travail d'athlète auquel suflisaient
à peine son énergie, sa jeunesse et ses huit animaux
quasi indomptés.

Un enfant de six & sept ans, beau comme un ange,
et les épaules couvertes, sur sa blouse, d'une peau
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