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LA MARE AU DIABLE.

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sons, ces fruits, ces bestiaux orgueilleux qui s'engrais-
sent dans les longues herbes, sont la propriété de quel-
ques-uns et les instruments de la fatigue et de l'escla-
vage du plus grand nombre. L'homme de loisir n'aime
en général pour eux-mêmes, ni les champs, ni les
ries, ni le spectacle de la nature, ni les animaux superbes
qui doivent se convertir en pièces d'or pour son usage.
L'homme de loisir vient chercher un peu d'air et de saute
dans le séjour de la campagne, puis il retourne dépenser
dans les grandes villes le fruit du travail de ses vassaux.
De son côté, l'homme du travail est trop accable.
trop malheureux et trop enraye de l'avenir, pour jouir
de la beauté des campagnes et des charmes de la vie
rustique. Pour lui aussi, les champs dores, les belles
prairies, les animaux superbes, représentent des sacs
d'écus dont il n'aura qu'une faible part, insuffisante a
ses besoins, et que, pourtant, il faut remplir, chaque
année, ces sacs maudits, pour satisfaire le maître et
payer le droit de vivre parcimonieusement et miséra-
blement sur son domaine.

Et pourtant la nature est éternellement jeune, belle
et généreuse. Elle verse la poésie et la beauté a tous
les êtres, à toutes les plantes qu'on laisse s'y déve-
lopper à souhait. Elle possède le secret du bonheur.
et nul n'a su le lui ravir. Le plus heureux des hommes
serait celui qui, possédant la science de son labeur,
et travailhmt de ses mains, puisant le bien-être et la
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