Home Plain text
Text mode Audio mode
page 34 (screen 68 of 140)
Next page Previous page  
  Last page First page


PSYCHÉ.

Belle que de rencontrer par-tout son portrait, ou bien sa
statue, ou quelque autre ouvrage de cette nature. li sem-
btoit que ce palais fût un temple, et Psyché la déesse à qui
il étoit consacré.

Mais de peur que le même objet se présentant si souvent
a elle ne lui devînt ennuyeux, les Fées l'avoient diversifié,
comme vous savez que leur imagination est féconde. Dans
une chambre elle étoit représentée en amazone; dans une
autre en Nymphe, en bergere, en chasseresse, en Grecque,
en Persane, en mille façons différentes et si agréables, que
cette Belle eut la curiosité de les éprouver, un jour l'une,
un autre jour l'autre, plus par divertissement et par jeu
que pour en tirer aucun avantage, sa beauté se soute-
nant assez d'elle-même. Cela se passoit toujours avec beau-
coup de satisfaction de sa part, force louanges de la part
des Nymphes, un plaisir extrême de la part du monstre,
c'est-à-dire de son époux, qui avoit mille moyens de la
contempler sans qu'il se montrât. Psyché se fit donc impé-
ratrice, simple bergère, ce qu'il lui ptut. Ce ne fut pas sans
que les Nymphes lui dissent qu'elle étoit bette en toutes
sortes d'habits, et sans qu'elle-même se le dît aussi. Ah! si
mon mari me voyoit parée de la sorte! s'écrioit-elle souvent
étant seule. En ce moment-là son mari la voyoit peut-être
de quelque endroit d'où il ne pouvoit être vu; et outre le
plaisir de la voir, il avoit celui d'apprendre ses plus secretes
pensées, et de lui entendre faire un souhait l'amour
Text mode Audio mode
page 34 (screen 68 of 140)
Next page Previous page  
  Last page First page
Home Plain text