PSYCHÉ. Belle que de rencontrer par-tout son portrait, ou bien sa statue, ou quelque autre ouvrage de cette nature. li sem- btoit que ce palais fût un temple, et Psyché la déesse à qui il étoit consacré. Mais de peur que le même objet se présentant si souvent a elle ne lui devînt ennuyeux, les Fées l'avoient diversifié, comme vous savez que leur imagination est féconde. Dans une chambre elle étoit représentée en amazone; dans une autre en Nymphe, en bergere, en chasseresse, en Grecque, en Persane, en mille façons différentes et si agréables, que cette Belle eut la curiosité de les éprouver, un jour l'une, un autre jour l'autre, plus par divertissement et par jeu que pour en tirer aucun avantage, sa beauté se soute- nant assez d'elle-même. Cela se passoit toujours avec beau- coup de satisfaction de sa part, force louanges de la part des Nymphes, un plaisir extrême de la part du monstre, c'est-à-dire de son époux, qui avoit mille moyens de la contempler sans qu'il se montrât. Psyché se fit donc impé- ratrice, simple bergère, ce qu'il lui ptut. Ce ne fut pas sans que les Nymphes lui dissent qu'elle étoit bette en toutes sortes d'habits, et sans qu'elle-même se le dît aussi. Ah! si mon mari me voyoit parée de la sorte! s'écrioit-elle souvent étant seule. En ce moment-là son mari la voyoit peut-être de quelque endroit d'où il ne pouvoit être vu; et outre le plaisir de la voir, il avoit celui d'apprendre ses plus secretes pensées, et de lui entendre faire un souhait où l'amour