LIVRE 1. 29 la raison, ni comment elle avoit passé la nnit, mais bien si elle se vouloit lever, et de quelle façon il lui plaisoit qu'on I'))abillàt. En disant cela on lui montre cent sortes d'habits, la plupart très riches. Elle choisit le plus simple, se lève, se fait habiller avec précipitation, et témoigne aux Nymphes une impatience de voir les raretés de ce beau séjour. On la mené donc en toutes les chambres il n'y a point de cabinet ni d'arriere-cahinet qu'elle ne visite, et où elle ne trouve un nouveau sujet d'admiration. De là elle passe sur les balcons, et de ces balcons les Nymphes lui font remarquer l'architecture de l'édifice, autant qu'une fille est capable de la concevoir. Elle se souvient qu'elle n'a pas assez regardé de certaines tapisseries elle rentre donc comme une jeune personne qui voudroit tout voir à-la-fois, et qui ne sait à quoi s'attacher. Les Nymphes avoient assez de peine à la suivre, l'avidité de ses yeux la faisant courir sans cesse de chambre en chambre, et considérer à la hâte les merveilles de ce palais, où, par un enchantement prophétique, ce qui n'étoit pas encore et ce qui ne devoit jamais être se ren- controit. On fit ses murs d'un marbre aussi blanc que l'albâtre Les dedans sont ornés d'un porphyre luisant. Ces ordres dont les Grecs nous ont fait un présent, Le dorique sans fard, l'élégant ionique, Et le corinthien superbe et magnifique, L'un sur l'autre placés, étevcnt jusqu'aux cieux