PSYCHÉ. 28 Dès que son époux t'eut quittée, elle tira les rideaux a peine le jour commencoit à poindre. En l'attendant, notre héroïne se mit à rêver à ses aventures, particutierc- mcnt à celles de cette nuit. Ce n'étoient pas véritablement les plus étranges qu'elle eût courues; mais elle en rcvenoit toujours à ce mari qui ne vouloit point être vu. Psyché s'enfonça si avant en ses rêveries, qu'elle en ouhlia ses ennuis passés, les frayeurs du jour précédent, les adieux de ses parents, et ses parents mêmes; et )a-dessus cl)c s'en- dormit. Aussitôt le songe lui représente son mari sous la forme d'un jouvenceau de quinze à seize ans, beau comme l'Amour, et qui avoit toute l'apparence d'un dieu. Trans- portée de joie, la Belle l'embrasse; il veut s'échapper, elle crie mais personne n'accourt au bruit. Qui que vous soyez, dit-elle, et vous ne sauriez être qu'un dieu, je vous tiens, ô charmant époux, et je vous verrai tant qu'il me plaira. L'émotion l'ayant évciiïée, il ne lui demeura que le souvenir d'une illusion agréabte; et au lieu d'un jeune mari la pauvre Psyché ne voyant en cette chambre que des dorures, ce qui n'étoit pas ce qu'elle cherchoit, ses inquiétudes recommencèrent. Le sommeil eut encore une fois pitié d'elle; il la replongea dans les charmes de ses pavots et la Belle acheva ainsi la première nuit de ses noces. Comme il étoit déja tard, les Nymphes entrerent, et la trouverent encore tout endormie. Pas une ne lui en demanda