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PSYCHÉ.

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Dès que son époux t'eut quittée, elle tira les rideaux
a peine le jour commencoit à poindre. En l'attendant,
notre héroïne se mit à rêver à ses aventures, particutierc-
mcnt à celles de cette nuit. Ce n'étoient pas véritablement
les plus étranges qu'elle eût courues; mais elle en rcvenoit
toujours à ce mari qui ne vouloit point être vu. Psyché
s'enfonça si avant en ses rêveries, qu'elle en ouhlia ses
ennuis passés, les frayeurs du jour précédent, les adieux
de ses parents, et ses parents mêmes; et )a-dessus cl)c s'en-
dormit. Aussitôt le songe lui représente son mari sous la
forme d'un jouvenceau de quinze à seize ans, beau comme
l'Amour, et qui avoit toute l'apparence d'un dieu. Trans-
portée de joie, la Belle l'embrasse; il veut s'échapper, elle
crie mais personne n'accourt au bruit. Qui que vous
soyez, dit-elle, et vous ne sauriez être qu'un dieu, je vous
tiens, ô charmant époux, et je vous verrai tant qu'il me
plaira. L'émotion l'ayant évciiïée, il ne lui demeura que
le souvenir d'une illusion agréabte; et au lieu d'un jeune
mari la pauvre Psyché ne voyant en cette chambre que
des dorures, ce qui n'étoit pas ce qu'elle cherchoit, ses
inquiétudes recommencèrent. Le sommeil eut encore une
fois pitié d'elle; il la replongea dans les charmes de ses
pavots et la Belle acheva ainsi la première nuit de ses
noces.

Comme il étoit déja tard, les Nymphes entrerent, et la
trouverent encore tout endormie. Pas une ne lui en demanda
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