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LIVRE ï.

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nairc le jour de leurs noces sans savoir pourquoi. La Belle
fit toutefois ce que l'on voulut. On la met au lit, et on se
retire. Un moment après, celui qui en devoit être le posses-
seur arriva et s'approcha d'elle. On n'a jamais su ce qu'ils
se dirent, ni même d'autres circonstances bien plus impor-
tantes que celle-là seulement a-t-on remarque que le len-
demain les Nymphes rioient entre elles, et que Psyché rou-
~issoit en les voyant rire. La Belle ne s'en mit pas fort en
peine, et n'en parut pas plus triste qu'à l'ordinaire.
Pour revenir à la première nuit de ses noces, la seule
chose qui l'embarrassoit étoit que son mari l'avoit quittée
devant qu'il fût jour, et lui avoit dit que, pour beaucoup de
raisons, il ne vouloit pas être connu d'elle, et qu'il la prioit
de renoncer à la curiosité de le voir. Ce fut ce qui lui en
donna davantage. Quelles peuvent être ces raisons? disoit en
soi-même la jeune épouse; et pourquoi se cache-t-il avec
tant de soin? Assurément l'oracle nous a dit vrai quand il
nous l'a peint comme quelque chose de fort terrible si
est-ce qu'au toucher et au son de voix il ne m'a semblé
nullement que ce fût un monstre. Toutefois les dieux ne
sont pas menteurs; il faut que mon mari ait quelque dé-
faut remarquable si cela étoit, je serois bien malheureuse
Ces réflexions tempérèrent pour quelques moments la joie
de Psyché. Enfin elle trouva à propos de n'y plus penser,
et de ne point corrompre eHe-même les douceurs de son
mariage.
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