LIVRE ï. ~7 nairc le jour de leurs noces sans savoir pourquoi. La Belle fit toutefois ce que l'on voulut. On la met au lit, et on se retire. Un moment après, celui qui en devoit être le posses- seur arriva et s'approcha d'elle. On n'a jamais su ce qu'ils se dirent, ni même d'autres circonstances bien plus impor- tantes que celle-là seulement a-t-on remarque que le len- demain les Nymphes rioient entre elles, et que Psyché rou- ~issoit en les voyant rire. La Belle ne s'en mit pas fort en peine, et n'en parut pas plus triste qu'à l'ordinaire. Pour revenir à la première nuit de ses noces, la seule chose qui l'embarrassoit étoit que son mari l'avoit quittée devant qu'il fût jour, et lui avoit dit que, pour beaucoup de raisons, il ne vouloit pas être connu d'elle, et qu'il la prioit de renoncer à la curiosité de le voir. Ce fut ce qui lui en donna davantage. Quelles peuvent être ces raisons? disoit en soi-même la jeune épouse; et pourquoi se cache-t-il avec tant de soin? Assurément l'oracle nous a dit vrai quand il nous l'a peint comme quelque chose de fort terrible si est-ce qu'au toucher et au son de voix il ne m'a semblé nullement que ce fût un monstre. Toutefois les dieux ne sont pas menteurs; il faut que mon mari ait quelque dé- faut remarquable si cela étoit, je serois bien malheureuse Ces réflexions tempérèrent pour quelques moments la joie de Psyché. Enfin elle trouva à propos de n'y plus penser, et de ne point corrompre eHe-même les douceurs de son mariage.