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PSYCHÉ.

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fort lugubres. Les peuples voisins, étonnés de la nouveauté
d'un tel appareil, ne savoient que conjecturer. Ceux chez qui
le convoi passoit l'accompagnoicnt par honneur jusqu'aux
limites de leur territoire, chantant des hymnes à la louange
de Psyché leur jeune déesse, et jonchant de roses tout le
chemin, bien que les maîtres de cérémonies leur criassent
que c'étoit offenser Vénus mais quoi les bonnes gens ne
pouvoient retenir leur zele.

Après une traite de plusieurs jours, lorsque l'on com-
mençoit à douter de la vérité de l'oracle, on fut étonné
qu'en côtoyant une montagne fort élevée, les chevaux, bien
qu'ils fussent frais et nouveaux repus, s'arrêtèrent court, et
quoi qu'on pût faire, ils ne voulurent point passer outre. Ce
fut que se renouvelèrent les cris; car on jugea bien que
c'étoit le mont qu'entendoit l'oracle.

Psyché descendit du char, et s'étant mise entre l'un et
l'autre de ses parents, suivie de la troupe, elle passa dans
un bois assez agréable, mais qui n'étoit pas de longue éten-
due. A peine eurent-ils fait quelque mille pas, toujours en
montant, qu'ils se trouverent entre des rochers habités par
des dragons de toutes espèces. A ces hôtes près, le lieu se
pouvoit bien dire une solitude, et la plus effroyable qu'on
pût trouver. Pas un seul arbre, pas un brin d'herbe, point
d'autre couvert que ces rocs, dont quelques uns avoient des
pointes qui avançoient en forme de voûte, et qui, ne te-
nant presque à rien, faisoient appréhender à nos voyageurs
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