LtVR~ l. 15 Malgré les siens épouse un étranger Qui ne sache où trouver retraite, Qui soit laid et qui la maltraite, La fasse consumer en regrets superflus, Tant que ni vous ni moi nous ne la craignions plus. Ces extrémités où s'emporta la déesse marquent merveil- leusement bien le naturel et l'esprit des femmes; rarement se pardonnent-elles l'avantage de la beauté et je dirai en passant que l'offense la plus irrémissible parmi ce sexe, c'est quand l'une d'elles en défait une autre en pleine assemblée; cela se venge ordinairement comme les assassinats et les trahisons. Pour revenir à Vénus, son fils lui promit qu'il la venge- roit. Sur cette assurance elle s'en alla à Cythere en équipage de triomphante. Au lieu de passer par les airs, et de se ser- vir de son char et de ses pigeons, elle entra dans une conque de nacre attelée de deux dauphins. La cour de Neptune l'ac- compagna. Ceci est proprement matiere de poésie it ne sié- roit guère bien à la prose de décrire une cavalcade de dieux marins d'ailleurs je ne pense pas qu'on pût exprimer avec le langage ordinaire ce que la déesse parut alors. C'est pourquoi nous dirons en tangage rimé Que l'empire flottant en demeura charme. Cent Tritons la suivant jusqu'au port de Cythere Par leurs divers emplois s'efforcent de lui ptaire.