P S Y C H É. 8 t n Triton d'un côté, de l'autre une Sirène, Ont chacun une conque en leurs mains de rocher. Leur souffle pousse un jet qui va loin s'épancher. Au haut de chaque niche un bassin répand fonde Le masque la vomit de sa gorge profonde. Elle retombe en nappe, et compose un tissu Qu'un autre bassin rend sitôt qu'il l'a reçu. Le bruit, l'éclat de t'eau, sa blancheur transparente, D'un voile de crystai alors peu différente, Font goûter un plaisir de cent plaisirs mêlé. Quand l'eau cesse, et qu'on voit son crystal écouté. La nacre et le corail en réparent ) absence Morceaux pétrifiés, coquillage, croissance, Caprices infinis du hasard et des eaux, Reparoissent aux yeux plus brillants et plus beaux. Dans le fond de la grotte une arcade est remplie De marbres à qui l'art a donné de la vie. Le dieu de ces rochers, sur une urne penché, Goûte un morne repos, en son antre couché. L'urne verse un torrent; tout l'antre s'en abreuve. L'eau retombe en glacis, et fait un large fleuve. J'ai pu jusqu'à présent exprimer quelques traits De ceux que l'on admire en ce moite palais Le reste est au-dessus de mon foible génie. Toi qui lui peux donner une force infinie, Dieu des vers et du jour, Phébus, inspire-moi Aussi bien désormais faut-il parler de toi. Quand le Soleil est las, et qu'il a fait sa tâche, Il descend chez Thétis, et prend quelque rc)âche.