LIVRE I. 5 moient le principal caractère. Ils penclioient tous deux vers le lyrique; avec cette différence qu'Acante avoit quelque chose de plus touchant, Polyphile de plus fleuri. Des deux autres amis, que j'appellerai Ariste et Gélaste, le premier étoit sérieux sans être incommode; l'autre étoit fort gai. La proposition d'Acante fut approuvée. Ariste dit qu'il y avoit de nouveaux embellissements à Versailles il falloit les aller voir, et partir matin, afin d'avoir le loisir de se promener après qu'ils auroicnt entendu les aventures de Psyché. La partie fut incontinent conclue dès le lendemain ils l'exécutèrent. Les jours étoient encore assez longs, et la saison helle; c'étoit pendant le dernier automne. Nos quatre amis étant arrivés à Versailles de fort bonne heure, voulurent voir avant le dîner la ménagerie c'est un lieu rempli de plusieurs sortes de volatiles et de quadru- pedes, la plupart très rares et de pays éteignes. Ils admi- rerent en combien d'espèces une seule espèce d'oiseaux se muttiptioit, et louèrent l'artifice et les diverses imaginations de la nature, qui se joue dans les animaux comme elle fait dans les fleurs. Ce qui leur plut davantage, ce furent les demoiselles de Numidie, et certains oiseaux pêcheurs qui ont un bec extrêmement long, avec une peau au-dessous qui leur sert de poche. Leur plumage est blanc, mais d'un hlane plus clair que celui des cygnes même de près il paroît carné, et tire sur le couleur de rose vers la racine.