PHKFACH. \\ij doit pas les prévenir. Je conviens encore qu'il faut que Psyché appréhende que son mari ne soit un monstre. Tout cela est apparemment contraire à l'oracle dont il s'agit, et ne l'est pas en effet car premièrement la suspension des esprits et l'artifice de cette fable ne consistent pas a empêcher que le lecteur ne s'apperçoive de la véritable qualité du mari qu'on donne à Psyché; il suffit que Psyché ignore qui est celui qu'elle a épousé, et que l'on soit en attente de savoir si elle verra cet époux par quels moyens elle le verra, et quelles seront les agi- tations de son ame après qu'elle l'aura vu. En un mot le plaisir que doit donner cette fable à ceux qui la lisent, ce n'est pas leur incertitude à l'égard de la qualité de ce mari, c'est l'incertitude de Psyché seule il ne faut pas que l'on croie un seul moment qu'une si aimable personne ait été livrée à la passion d'un monstre, ni même qu'elle s'en tienne assurée; ce seroit un trop grand sujet d'indignation au lec- teur. Cette Belle doit trouver de la douceur dans la conversation et dans les caresses de son mari, et de fois à autres appréhender que ce ne soit un démon