vi AVANT-PROPOS. /~yc/~ sous lequel les ïïettènes, a une époque avancée de l'antiquité, personnifièrent l'âme humaine, n'était que le mot signifiant le souffle de la respiration. Bien avant ce symbole de l'âme, avait été créé celui de l'irrésistibilité du sentiment générateur. Avec l'affine- mcnt de l'esprit grec, le dieu de l'Amour fut revêtu d'une forme poétique. Uros (le Cupidon des Romains) fut pré- senté comme fils et compagnon inséparable de la déesse de la Beauté. Les poètes depuis Hésiode célèbrent sa toute- puissance, et celui qui l'a exalté le plus et l'a rendu popu- laire, Euripide, l'appelle « le plus éminent des dieux, le tyran des hommes et des immortels x. Ce n'était encore, à vrai dire, que la personnification de l'amour charnel, comme il convenait pour le fils d'Aphrodite (Vénus). Pour ennoblir, pour épurer ce sentiment ou cet instinct, il était nécessaire d'y associer l'âme et ses impulsions désinté- ressées. On imagina donc de symboliser cette alliance par le mariage d'Éros et de Psyché. La légende mythique des péripéties qui précédèrent cette union offre une charmante allégorie des joies et des tortures de l'âme en proie à l'amour; purifiée par les épreuves, elle devient immortelle. Cette fiction personnifiait à la fois les croyances antiques d'après lesquelles les âmes tournent autour de la terre et s'incarnent ensuite grâce à l'attrait puissant de l'amour. Le développement littéraire de cette allégorie, de ce véritable roman, est une conception relativement tardive.