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CHAPITRE V. i ~3

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ce qu'il pourrait faire à peu de frais, puisqu'il lui suffirait de le vouloir,
il est clair que majoie serait plus vive et plus durable, puisque celle que
j'éprouve est mêlée de la tristesse que j'ai de te quitter. Ainsi j'ai donc
bien fait de dire que, si Dieu le voulait, je serais bien aise de ne pas être
content.-Tenez, Sancho, répliqua Thérèse, depuis que vous êtes devenu
membre de chevalier errant, vous parlez d'une manière si entortiHée
qu'on ne peut plus vous entendre. i! sufût que Dieu m'entende, femme,
reprit Sancho; c'est lui qui est l'entendeur de toutes choses, et restons-en
!à. Mais faites attention, ma soeur, d'avoir grand soin du grison ces trois
jours-ci, pour qu'il soit en état de prendre les armes. Doubiez-iui la ra-
tion, recousez bien le bAt et tes autres harnais, car nous n'allons pas à
la noce, Dieu merci! mais faire !e tour du monde, et nous prendre du
querelle avec des géants, des andriaques des vampires nous allons en-
tendre des sifflements, des aboiements, des hurlements et des rugisse-
ments et tout cela ne serait encore que pain bénit si nous n'avions affaire
à des mutetiers yangois et à dos Mores enchantés. Je crois bien, mari,
répliqua Thérèse, que les écuyers errants ne volent pas ie pain qu'Us man-
gent aussi resterai-je à prier Dieuqu'il vous tire bientôt de ce mcehantpas.
-Je vous dis, femme, répondit Sancho, que si je ne pensais pas me voir,
dans peu do temps d'ici, gouverneur d'une lie je me laisserais tomber
mort sur !a place. Oh pour cela, non, mari, s'écria Thérèse; vive ta
poule, même avec sa pépie; vivez, vous, et que le diable emporte autant d<-
gouvernements qu'il y en a dans le monde. Sans gouvernement vous êtes
sorti du ventre de votre mère, sans gouvernement vous avez vécu jusque
cette heure, et sans gouvernement vous ire: ou hien l'on vous mëncra il
ia sépulture quand il plaira à Dieu. 1I y en a bien d'autres dans le monde
qui vivent sans gouvernement et pourtant ils ne laissent pas de vivre et
d'être comptés dans ie nombre des gens. La meilleure sauce du monde,
c'estla faim, et comme cette-ia ne manque jamais aux pauvres, ils man-
gent toujours avec plaisir. Mais pourtant, faites attention Sancho, si,
par bonheur, vous attrapiez quelque gouvernement d't)e, de ne pas ou-
blier votre femme et vos enfants. Prenez garde que Sanchico a déjà ses
quinze ans sonnés, et qu'il est temps qu'il aille à i'écoie, si son ouc)c
i'abbé ie fait entrer dans )'ég)ise; prenez garde aussi que Mari-Sancha,
votre Oi)e, n'en mourra pas si nous ia marions, car je commence à m'a-
percevoir qu'elle désire autant un mari que vous un gouvernement, et
à lit On des Uns, mieux sied la uiie mai mariée que bien amourachée.
En bonne foi, femme, répondit Sancho, si Dieu m'cuvoic quelque chose
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