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CHAPITRE IL 25
Don Quichotte, d'après la maxime Quando M.pM< etc. Jo
n'entends pas d'autre langue que la mienne, répondit Sancho. Je
veux dire, reprit Don Quichotte, que quand la tête a mal tous les mem-
bres souffrent. Ainsi, puisque je suis ton maître et seigneur, je suis ta
tête, et tu es ma partie étant mon valet. Par cette raison, le mal que je
ressens doit te faire mal, comme le tien à moi. –C'est ce qui devrait être,
repartit Sancho; mais pendant qu'on me bernait, moi membre, ma tête
était derrière le mur qui me regardait voler par les airs sans éprouver la
moindre douleur. Et puisque les membres sont obligés de sentir le mal de
)a tête, cite, à son tour, devrait être obligée de sentir leur mal. Voo-
drais-tu dire à présent, Sancho, répondit Don Quichotte, que je ne
souffrais pas pendant qu'on te bernait? Si tu le dis, cesse de le dire et de
)o penser, car j'éprouvais alors plus do douleur dans mon esprit que toi
dans ton corps. Mais laissons cela pour le moment, un temps viendra où
nous pourrons poser la chose et la mettre à son vrai point. Dis-moi
maintenant, ami Sancho, qu'est-ce qu'on dit de moi dans te pays? en
quelle opinion suis je parmi le vulgaire, parmi les hidalgos, parmi les
chevaliers? Que dit-on dama valeur, de mes exploits, de ma courtoisie?
Comment parle-t-on do la résolution que j'ai prise de ressusciter et do
rendre au monde l'ordre oublié de la chevalerie errante? Finalement,
Sancho, je veux que tu me dises à ce propos tout ce qui est venu à tes
oreilles, et cela sans ajouter au bien, sans otcr au mal la moindre chose.
11 appartient à un loyal vassal de dire à son seigneur la vérité, de la lui
montrer sous son véritabio visage, sans que l'adulation t'augmente ou
qu'un vain respect la diminue. Et je veux que tu saches, Sancho, que,
si la vérité arrivait à l'oreille des princes toute nue et sans les ornements
de la uattcrie, on verrait courir d'autres siècles, et d'autres âges passe-
raient pour l'Age do fer avant le nôtre, que j'imagine devoir être t'~ge 1
d'or. Que ceci te serve d'avertissement, Sancho, pour qu'avec bon sens
et bonne intention tu rondes à mes oreilles la vérité que tu peux savoir
sur tout ce que je t'ai demandé.
C'est ce que je ferai bien volontiers, mon seigneur, répondit
Sancho, a condition que votre grâce no se fâchera pas de ce que j e dirai,
puisque vous voulez que je dise les choses toutes nues et sans autres ha-
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Source: gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France, département Réserve des livres rares, Rés. m-Y2-1043 (2)