Home Plain text
Text mode Audio mode
page 57 (screen 63 of 751)
Next page Previous page  
  Last page First page


PROLOGUE.

67

J'avais écouté dans un grand silence tout ce que me disait mon ami, et ses
propos se gravèrent si bien dans mon esprit, que, sans vouloir leur opposer
!a moindre dispute, jelestinspour sensés, leur donnai mon approbation, et
voulus même en composer ce prologue, dans lequel tu verras, lecteurbéné.
vole, la prudence et l'haMIeté de mon ami, le bonheur que j'eus de rencon-
trer en temps si importun un tel conseiller, enûn le soulagement que tu
goûteras toi-même en trouvant dans toute son ingénuité, sans mélange et
sans détours, l'histoire du fameux Don Quichotte de la Manche, duquel tous
les habitants du district de la plaine de Montielont l'opinion qu'il fut le plus
chaste amoureux et le plus vaillant chevalier que, de longues années, on ait
vu dans ces parages. Je ne veux pas trop te vanter le service que je te rends
en tefaisant connattre un si digne et si notable chevalier; mais je veux que
tu me saches gré pourtant de la connaissance que je te ferai faire avec le
célèbre Sancho Panza, son écuyer, dans lequel, à mon avis, je te donne
rassemblées toutes les grâces du métier qui sont éparses au travers de la
foule innombrable et vaine des livres de chevalerie. Après cela, que Dieu
te donne bonne santé, et n'oublie pas son serviteur et le tien. Yale.
Text mode Audio mode
page 57 (screen 63 of 751)
Next page Previous page  
  Last page First page
Home Plain text