DON QUICHOTTE. 60 daire, vous le mettrez tout fait dans votre livre. Vit-on clairement le men- songe, à cause du peu d'utilité que ces auteurs pouvaient vous offrir, que vous importe? il se trouvera peut-être encore des gens assez simples pour croire que vous les avez tous mis à contribution dansvotre histoire ingénue et tout unie. Et, ne fùt-H bon qu'à cela, ce long catalogue doit, à l'impro- viste, donner au livre quelque autorité. D'ailleurs, qui s'avisera, n'ayant à cela nul intérêt, do véri&ersi vous y avez ounon suivi ces auteurs? Mais il y a plus, et, si je ne me trompe, votre livre n'a pas le moindre besoin d'aucune de ces choses que vous dites lui manquer; car ennn, il n'est tout au long qu'une invective contre les livres de chevalerie, dont Aristote n'entendit jamais parler, dont Cicéron n'eut pas la moindre idée, et dont saint Basile n'apas dit un mot. Et d'ailleurs, ses fabuleuses et extravagantes inventions ont-elles à démêler quelque chose avec les ponctuelles exigences delà vérité, ou les observations de l'astronomie? Que lui importent les mesures géométriques ou l'observance des règles et arguments de la rhéto- rique ? A-t-il, enfin, à prêcher quelqu'un, en mêlant les choses humaines et divines, ce qui est une sorte de mélange que doit réprouver tout entende- ment chrétien? L'imitation ne peut lui servir que pour le style, et plus collo-tasera parfaite, plus celui-ci s'approchera de laperfection. Ainsi donc, puisque votre ouvrage n'a d'autre but que do former l'accès et de détruire l'autorité qu'ont dans le monde et parmi le vulgaire les livres de chevalerie, qu'est-il besoin que vous alliez mendiant des sentences de philosophes, des conseils de la sainte Écriture, des fictions do poètes, des oraisons de rhéto- riciens et dos miracles de bienheureux ? Mais tâchez que, tout uniment et avec des paroles claires, honnêtes, bien disposées, votre période soit sonore et votre récit amusant, que vous peigniez tout ce que votre imagination conçoit, et que vous fassiez comprendre vos pensées sans les obscurcir et les embrouiller. TAehez aussi qu'entisantvott'ohistoh'e te métancotiques'oxcitoa à rire,que le rieur augmente sa gaité.quete simple ne s'ennuie pas, quei'habite admire l'invention, que le grave ne la méprise point, et que le prudent se croie tenu de la louer. Surtout, visez continuellementàrenverser de fond en comble cette machine mal assurée des livres de chevalerie, réprouvés de tant de gens, et vantés d'un bien plus grand nombre. Si vous en venez à bout, vous n'aurez pas fait une mince besogne. » J ntbtcnmtoMitencorodana la suite. Son livre, tntttuMZ«'e«Mej
&M o&w Doit ~MM ~e GoM~ora, eat précède d'un des écrivains
ctt6spat')Mt, qui contient, par ordre atphtMtiqae, et divisés en f< etMsca, 2,<()S ar-
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