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2d NOTICE SUR LA VIE

jouer ui ses anciennes pièces, ni celles qu'il avait composées depuis. Pour
tirer quelque parti do ces travaux dramatiques, Cervantès résolut de faire
imprimer son théâtre. D s'adressa au libraire Villaroel, l'un des plus accré-
dités de Madrid, qui répondit ingénument Il Un auteur de renom, que
j'ai consulté, m'a dit qu'on pouvait beaucoup attendre de votre prose,
)) mais de vos vers absolument rien. L'arrêt était juste, quoique un peu sé-
j vere, et dut être bien sensible à Cervantès, qui rima malgré /!7~crw, et
i qui tenait comme un enfant à sa renommée de poëte. Villaroel imprima ce-
pendant au mois de septembre 6< 5, huit comédies et autant d'intermèdes,
avec une dédicace au comte de Lemos, et un prologue, non-seulement très-
spirituel, mais très-intéressant pour l'histoire de la scène espagnole. Lope de
Vega régnait encore~ et le rival qui devait le détrôner, Calderon, débutait
dans la carrière. Le public reçut avec indifférence les pièces choisies de Cer-
vantès et les comédiens ne daignèrent pas en représenter une seule. Le pu-
blic et les comédiens furent ingrats peut-être, mais non pas injustes.
Comment les Marner d'avoir laissé dans l'oubli des comédies dont Bias de
Nasarre ne trouvait rien de mieux à dire, en les réimprimant un siècle
plus tard, sinon que Cervantès les avait faites exprès mauvaises (
MwoMfe mn~M) pour se moquer des pièces eitravagantes auxquelles s'at-
tachait la vogue?

On publia, dans cette même année ~5, un autre opuscule de Cer-
vantes, qui se rattache à une circonstance intéressante. L'Espagne conservait
encore la coutume des joutes poétiques (/M< poe( aussi à la mode
sous le roi Jean 11 que les joutes guerrières, et qui se sont conservées, dans
le midi de la France, sous le nom de J Paul V ayant cano-
nisé, en ~4, la fameuse sainte Thérèse de Jésus, le triomphe de cette
héro't'ne des cloîtres fut donné pour sujet du concours, dont Lope do Vega
était l'un des juges. Il fallait chanter les extases de la sainte, dans la forme
de l'ode appelée cancion castellana et sur le mètre de la première églogue
de Garcilaso de la Vega, N <~M ~m los pastores. Tous les écri-
vains de quelque renom prirent part au concours, et Cervantes, devenu

poète lyrique à soixante-sept ans, envoya aussi son ode, qui, sans avoir

le prix, fut du moins imprimée parmi les meilleures, dans la ~eMotdes
fêtes que célébra l'Espagne entière à la glohe de son illustre fille.
Ce fut encore la même année 1615 qui vit paraître la seconde partie du
Don Q«t'C/<0«e.
Elle était très-avancée, et Cervantès, qui l'avait annoncée dans le pro-
logue de ses Nouvelles, y travaillait assidûment, lorsqu'au milieu de
l'année ~4, une continuation de la première partie parut à Tarragone
comme l'oeuvre du licencié Alonzo Fernandez (le Avellaneda, natif de Tor-
desillas. C'était un nom supposé sous lequel s'était caché cet insolent pla- 1
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