ET LES OUVRAGES DE CERVANTES. 28
avancée) mais~ dans l'intervalle, Freire avait fait faillite, et s'était enfui
d'Espagne. Cervantès retourna aussitôt à Séville, où il trouva tous les biens
de son débiteur saisis par d'autres créanciers. H adressa requête au roi, et un
décret du 7 août 1595 ordonna au docteur Bernardo de Olmedilla, juge de ~M
M'a~M à Séville, de prendre par privilège, sur les biens de Freire, la somme
que lui avait remise Cervantès. Ce juge en opéra effectivement la rentrée, et
adressa cette somme au trésorier-général Don Pedro Mesia de Tobar., par
une lettre de change tirée le 33 novembre 1596.
Le tribunal de la Contaduria mettait alors la plus grande sévérité dans
l'apurement des comptes de tous les employés du trésor, dont les caisses
s'étaient entièrement épuisées par la conquête du Portugal et de Terceire, par
les campagnes de Flandre, la destruction de la flotte invincible, et les essais
ruineux qu'on avait laissé faire à plusieurs de ces charlatans financiers ap-
pelés alors arbitristas. Le percepteur principal, dont Cervantes n'avait été
que l'agent, fut mandé à Madrid pour rendre ses .comptes. Il représenta que
tous les documents sur lesquels il pouvait les établir étaient à Séville entre
les mains de Cervantès. Une cédule royale, du 6 septembre 1597, ordonna,
sans autre forme de procès, au juge Gaspar de Vallejo, de faire méter
celui-ci, et de l'envoyer sous escorte à la prison de la capitale, où il se-
rait à la disposition du tribunaldes comptes. Cervantès, en effet, fut immé-
diatement mis en prison; mais ayant offert des garanties pour le paiement
de 3,641 réaux (environ 670 francs), à quoi se réduisait le déficit dont il était
accusé, il fut relâché en vertu d'une seconde cédule datée du 1" décembre
delà méme année, sous la condition qu'il -se présenterait à la ÛM~MWa
dans le terme de trente jours, et paierait le solde de ses comptes.
On ne sait comment se termina cette première poursuite dirigée contre Cer-
vantes; mais, quelques années âpres, il fat inquiété de nouveau pour la
même misérable somme de 2,641 réanx. Le percepteur de Baza, Gaspar
Osorio de Tejada, présenta dans ses comptes, à la fin de 1603, un récé-
pissé de Cervantès constatant que cette somme lui avait été remise lorsqu'il
était commissionné, en 1594, pour le recouvrement des rentes arriérées
de cette ville et de son district. Consultés sur ce point, les membres de la
ÛMt~KrM-m~or adressèrent un rapport, daté de Valladolid, le 34 jan-
vier 1605, où ils rendaient compte de l'arrestation de Cervantès en 1597,
à propos de la même somme, et de son élargissement sous caution, ajoutant
que, depuis lors, il n'avait point paru devant le tribunal. Ce fut à cette
occasion que Cervantès se rendit, avec toute sa famille, à Valladolid, où,
depuis deux ans, Philippe HI avait porté la cour. On a eCectivement re-
trouvé la preuve que, le 8 février 1605, sa scmr Dona Andréa s'occupait
a réparer l'équipage et la garde-robe d'un certain Don Pedro de Toledo
Osorio, marquis de V'Ua&'anca, qui revenait de l'expédition d'Alger. Il y
Source: gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France, département Réserve des livres rares, Rés. m-Y2-1043 (1)