t6 NOTICE SUR LA VIE vers la fin d'octobre 1580, et jouit enfin selon son expression, <& !*MM des plus grandes joies ~OM puisse g0!&er dans ce MOn~e~ qui est <&< revenir, après un long èsctavage, sain et sauf dans sa patrie. car, sur la terre, ajoute-t-N.aiHeurs, a~ < ~e MeM qui ~< celui recouvrer la liberté perdue. La misère le chassa bientôt du sein de sa famille. A l'époque de son re- tour, Philippe II était encore convalescent a Badajoz, apifs la mort de sa seconde femme, Anne d'Autriche. Ce monarque entra, le 5 décembre, dans le Portugal, que le duc d'AB)e venait de lui conquérir et de pacifier. L'armée espagnole occupait toutefois le pays, tant pour en assurer la soumission, que pour préparer celle des îles Açores où continuaient de lutter les par- tisans du prieur d'Ocrato. Rodrigo de Cervautès, après son rachat, avait re- pris du service, probablement dam son ancien corps, le du mestre-
de-camp général Don Lope deFigneroa. Son frère alla le rejoindre, et cet
homme que redoutait le dey d'Alger, quoique encbaîné dans son bagne, re-
prit de sa main mutilée le mousquet de simple soldat. Cervantes s'embarqua,
dans l'été de ')5M, sur l'escadre de DonPedro Valdès, chargée de pré-
parer l'attaque des Açores et de protéger Je commerce des Indes. Il rit h
campagne de l'année suivante, sous les ordres du marquis de Santa-Cruz,
et assista au combat naval que gagna cet amira!, le 35 juillet, on vue de
t't'e Terceire, sur la flotte française qui protégeait les insurgés du Portugal.
Le galion San-Nateo, que montaient les vétérans de Figueroa, parmi lesquels
se trouvait sans doute Cervantès, prit la plus grande part à cette victoire.
Enfin, les deux frères tirent encore la campagne do ')5~5, et se trouvèrent
à !a prise de Terceire, qui fut emportée d'assaut. Rodrigo do Cervantès se
distingua dans cette aRaire, en s'élançant l'un des premiers sur le rivage; -et
reçut le grade d'enseigne, au retour de la flotte.
Malgré l'hmnHité de sa position militaire, que son mérite seul pouvait
relever, a dé&nt de la fortune, Cervantes se loue de son séjour en Portugat,
ou, pendant les quartiers d'hiver, il était admis dans les cercles les plus dis-
tinguée. H eut alors, d'une dame de Lisbonne, une fille naturelle, nommée
Dona Isabel do Saavedra, qu'il garda auprès de lui tout le reste do sa vie,
même après s'être marié, n'ayant jamais eu d'autre emant.
Ce fut l'amour qui rendit Cervantes au culte des lettres. Dans un intervalle
de ses campagnes, il fit la connaissance d'une demoiselle noble de la petite
ville d'Esquivias, en Castille, appelée Dolla Catalina (le Palacios Salazar y
Vozmediano. Il s'enBamma pour elle, et trouva moyen, au milieu de la vie
agitée d'un soldat, do composer en son honneur le poëme de C«!
Ce poëme, qu'it appelle églogue, est une MOHf~fe pastorale, tout à fait &
la manière de l'époque, dans laquelle il sut, sous des noms imaginaires, ra-
conter une partie de ses propres aventures, louer les beaux esprits du temps,