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14 NOTICE SUR LA VIE

de cadavres des gens du pays que moissonnaient la faim et les maladies. Les
chrétiens, nourris par avarice plus que par compassion, ne recevaient des
Turcs, leurs patrons, que le strict nécessaire} et cependant ils étalent sans re-
lâche accablés de~plusritdes travaux, carYes grands préparatifs que faisait
Philippe II contre le Portugal, en annonçant une expédition contre Alger
avaient jeté l'effroi dans la Régence, et l'on y employait jour et nuit les cap-
tifs réparer les fortifications et à radouber ]a flotte.

Tandis que Cervantès faisait tant d'inutiles eSbrts pour conquérir sa li-
berté, ses parents mettaient tout en œuvre, à Madrid, pour la lui rendre
par le moyen ordinaire du rachat. Ayant épuisé toutes leurs ressources, en
~577, pour la rançon du &ere aîné, ils firent dresser une enquête devant
l'un des de eoyb, sous la date du ~7 mars ~578, dans laquelle
plusieurs témoins constatèrent les services honorables de Cervantès dans les
1 campagnes du Levant, et la détresse absolue de sa&mille, qui ne pouvait
le racheter par ses propres moyens. A cette pièce, qui fut transmise au roi,
le duc de Sesa, précédent vice-roi de Sicile, joignit une espèce de certificat,
il recommandait vivement son ancien soldat à la bienveillance du monarque.
mort du père de Cervantès vint interrompre ces démarches, et livrer
la triste famille à de plus pressants soucis. L'année suivante, Philippe II ré-
solut d'envoyer à Alger des commissaires de rachat. Le P. Fray Juan Gil,
procureur-général de l'ordre de la Sainte-Trinité, et qui portait en outre
le titre de .RA~m~MrpoM/'&!coMr CtM< fut chargé de cette
mission, pour laquelle on lui adjoignit un autre moine du mémo ordre, ap-
pelé Fray Antonio de la Bella. Ce fut devant ces religieux que se présen-
tèrent, le M juillet 4579, Do&a Léonor de Cortinas, et sa fille Doaa An-
dréa de Cervantès, qui venaient leur apporter trois cents ducats pour aider
au rachat, de Miguel de Cervantes, leur fils et frère. Deux cent cinquante
ducats étaient oSerts par la pauvre veuve, et cinquante par la pauvre fille.
Les Pères rédempteurs se mirent en route, et abordèrent à Alger le
89maH580. Ils commencèrent aussitôt les opérations de leur respectable
oR!ce. Mais de grandes diNicuItés retardèrent longtemps le rachat de Cer-
vantts. Le dey, son mattre, demandait mille écus de rançon, pour
doubler le prix qu'il lui avait coûté, et menaçait, si la somme ne lui était
pas immédiatement remise, d'emmener son esclave a Constantinople. En effet,
un firman du Grand-Seigneur venait de lui donner un successeur dans le gou-
vernement de la régence, et Hassan-Aga, prêt à emporter toutes ses richesses, I
tenait déjà Cervantès enchaîné sur une de ses galères. Le P. Juan Gil, ému
de compassion, et craignant que cet intéressant prisonnier ne perdît à jamais js
l'occasion de sa délivrance, mit en oeuvre tant de prières et d'intercessions
qu'il obtint de le racheter moyennant cinq cents écus en or d'Espagne. Pour
trouver cette somme, il fallut empruntera plusieurs marchands européens, et

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