ET LES OUVRAGES DE CERVANTES. ?
Corfbu, et frapper la marine ottomane d'un coup dont elle ne put M relever.
Mais les Vénitiens, qui .traitaient, secrètement avec Sélim par l'intermédiaire
de la France, signèrent ,un traité de paix an mois de mars ')573. Cette dé-
fection inattendue rompit la %Me, et fit renoncer à toute entreprise contre
la Turquie. Pour occuper les ~rces rassemblées par l'Espagne, on résolut
d'opérer une descente, soit & Alger, soit à Tunis. Philippe et Don Juan choi-
sirent également ce dernier parti, mais le roi voulait seulement renverser
du trône le Turc Aluch-Aly, pour y replacer le More MuIey-Mohammed~
et démantderdes forteresses dont la conservation lui coûtait beaucoup, tandis
que le prince, son frère, auquel il refusait le titre d'in&nt d'Espagne, voulait
sc&ire roi de cette contrée;, ou les Espagnols possédaient, depuis Charles.
Quint, le fort de la Golette.
L'expédition fut d'abord heureuse. Après avoir débarqué ses équipages à
la Golette, Don Juan envoya le marquis de Santa-Cruz, à la tête des compa-
gnies d'élite, prendre possession de Tunis, abandonné par la garnison turque
et la copulation presque entière. Mais Philippe, non moins inquiet des des-
seins du prince aventurier qu'irrité de sa désobéissance, lui envoya l'ordre
de retourner immédiatement en Lombardie. Don Juan partit, laissant de faibles
garnisons dans la Goleite et le fort, que les Turcs enlevèrent d'assaut, à la
fin de la même année.
Cervantes, après être entré à Tunis avec le marquis de Santa-Cruz, dans
les rangs de ce fameux tercio de Figueroa, ~Mt./htMtt~ dit l'historien Van-
der-Hamen, trembler la sous ses mousquets, revint à Palerme avec la
flotte. De là il fut embarqué sous, les ordres du duc de Sesa, qui essaya vai-
nement de secourir la Colette puis alla prendre ses quartiers d'hiver en Sar-
daignë, et &t ramené en Italie sur les galères de Marcel Doria. II obtint alors
de Don Juan d'Autriche, qui étaitrrevenuaNapIesau mois de juin ~575,
un congé pour retourner en Espagne, dont il était éloigné depuis sept ans.
A la faveur décès expéditions militaires, Cervantes parcourut toutel'italie;
il visita Florence, Venise, Rome, Naples, Palerme et le collége de Bologne,
fondé pour les Espagnols par le cardinal Albornoz; il apprit la langue ita-
lienne, et fit une étude approfondie de cette littérature, où s'étaient formés,
avant lui, Boscan, GarciiMO, Hurtado do Mendoza; on se formaient de son
temps Mesa, Vîmes, Mira de Amescua, les frères Leonardo de Argensola.
Cette étude influa sur ses travaux.postérieuiN têt sur son style en général,
où quelques-uns de ses contemporains, descendant de la secte des antt-~eitre~
~Mtf relevèrent un certain nombre d'italianismes fort peu dissimulés.
.Cervantes, alors âgé de vingt-huit ans, estropié, affaibli par les fatigues
de trois campagnes, et toujours simple soldat, résolut de revoir son pays et
safamille. D'ailleurs, en se rapprochant de la cour, il pouvait espérer quel-
que juste récompense de ses brillants services. !I obtint de son général plus
Source: gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France, département Réserve des livres rares, Rés. m-Y2-1043 (1)