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iimoDccnoN, vni. xlvij

mendiants massacraient les clercs, et femmes et enfants,
tellement que je ne crois pas qu'un seul en soit échappé.
Dieu reçoive les âmes, s'il lui plaît, en paradis 1 car je ne
pense pas que jamais, du temps des Sarrazins, si sauvage
massacre ait été résolu ni permis' » Et lorsqu'il rap-
porte le meurtre de Giraude, dame de Lavaur Ds la cou-
vrirent de pierres ce fut deuil et péché car jamais
homme du monde, sachez-le véritablement, ne l'aurait
quittée sans qu'elle l'eût fait manger. Dame Giraude
fut prise, qui crie et pleure et braille ils la jetèrent en
travers dans un puits, bien le sais-je ils la chargèrent
de pierres c'était horrible* » Ce n'est pas lui qui dirait,
comme Pierre de Vaux-Cernai à propos des hérétiques
pris en grand nombre dans la même ville de Lavaur et brû-
lés vifs Innumerabiles etiam haereticos peregrini nostri
« cum ingenti gaudio combusserunt3. » C'est qu'il avait vécu
parmi les hérétiques ou leurs adhérents, et il avait sans
doute reconnu que leurs doctrines, si détestables qu'elles
fussent aux yeux de tous les catholiques, se pouvaient con-
cilier avec l'honnêteté de la vie 1. Il habitait un milieu la
tolérance était née tout naturellement du libre exercice
accordé à des opinions différentes.

Au moment il écrivait, la dépossession des principaux
seigneurs du Midi n'était pas encore un fait accompli, sinon
1. V. 496-500.

2. V. 1598-1600 et 1625-7.

3. Fin du ch. LII. Le panégyriste de Simon affectionne cette
expression; il la répète encore à la fin du ch. Lm.

4. « Nous avons été élevés avec eux nous avons des parents
parmi eux et nous les voyons vivre honnêtement. Ainsi répon-
dait un seigneur du Midi à l'évêque Folquet qui lui reprochait de
ne point chasser de ses terres les hérétiques G. de Puylaurens,
fin du chap. VII.
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