xlvj intbodcctioh, § Tm. jusqu'à la découverte de documents nouveaux, la question de savoir quelle chanson d'Antioche a connue notre auteur. Appartenant à l'Eglise, ayant pour protecteur un des alliés de Simon de Montfort, G. de Tudèle est décidément favorable à la croisade. Pour lui, Simon de Montfort est « preux et vaillant, hardi et belliqueux, sage et expéri- menté, bon chevalier et large, preux et avenant' etc. L'évêque Folquet « n'a pas son pareil en mérite* et, ayant à mentionner son nom, il ajoute « puisse Dieu l'honorer* » A la suite du combat de Mongei, où le comte de Foix mit en déroute un parti de croisés, les vilains du pays tuèrent à coups depierres ou de bâton tous ceux qu'ils purent atteindre sur quoi Guillem « Si on pendait comme larrons ces vilains qui occient les croisés et les pillent, je le trouverais bon » Mais, tout clerc et tout chanoine qu'il fût, G. de Tudèle n'a pas pour les adversaires de la croisade cette haine im- placable qui se manifeste à chaque page de la chronique de Pierre de Vaux-Cernai. Sans doute, en principe, il devait considérer l'hérésie comme le crime le plus abominable, mais il n'était pas enclin à voir partout des hérétiques. Plus d'une fois il indique que des clercs, assurément non suspects d'hérésie, ont eu à souffrir de la croisades, Lorsqu'il raconte quelqu'une de ces exécutions sauvages qui marquèrent cha- cune des étapes des croisés, on voit paraître, sous sa narra- tion banale et terne, un sentiment de pitié véritable; comme lorsqu'il raconte le siège de Béziers « Ces fous ribauds 1. Vers 799 et suiv. 2. V. 1027. 3. V. 1431. 4. V. 1594-6. 5. A la prise de Béziers, v. 496 et suiv.; à celle de Saint- Antonin, v. 2384-5.