Xliv IHT10DUCTI0I», § TOI. Douai paraît nous avoir conservé sous une forme rajeunie dans la première partie de sa chanson de Jérusalem Lam- bert d'Ardres faisait indubitablement allusion à une chanson française, probablement au poème qu'a rajeuni Graindor, mais il n'est pas certain qu'on en puisse dire autant de Guiraut de Cabrera et de G. de Tudèle. Nous savons en effet qu'il a existé, indépendamment de Grégoire Bechada*, un ou deux poèmes provençaux relatifs à la première croisade la Du Mège était en possession, nous ne savons à quel titre, d'un ms. provenant des cordeliers de Toulouse, et con- 1. Cette première partie est celle que M. P. Paris a publiée sous le titre de Chanson d Antioche. Aimaro Monaco, arche- vêque de Césarée, puis patriarche de Jérusalem (1202), fait men- tion, en un endroit du poème qu'il a composé sur la prise d'Acre en 1191, des a Gesta Antiochenorum Bieut gesta referant Antiochenoram. (V. 580.) M. Riant, dans l'édition qu'il a donnée de ce poème par lui restitué à son auteur, ne pense pas que cette allusion puisse être rapportée à aucun autre ouvrage qn'à la chanson d'Antioche, et il rapproche les vers d'Aimaro d'un passage du poème publié par M. P. Paris. Remarquons qu'Aimaro peut avoir connu cette chanson de geste sous sa forme première. (Voy. Haymari Mono' chi de expugnata diber tetrastichus, Lugduni, Perrin, 1866, p. lx, ou la thèse du même, de Haymaro Monacho, 1865, p. 57.) 2. Et indépendamment aussi du comte de Poitiers Guillaume VII (IX comme duc d'Aquitaine) qui, selon un passage bien souvent cité d'Orderic Vital, composa un récit des malheurs qu'il avait éprouvés en Terre-Sainte. Ce récit, en tout cas, d'après les termes mêmes du chroniqueur miserias caplivilatis sue multociens retulit rkythmicis versibus (éd. Le Prevost, IV, 132), devait se rap- porter à des événements postérieure à la prise de Jérusalem, et par conséquent n'avait rien de commun avecAntioche. En outre, il n'est nullement certain qu'il fût rédigé en forme de chanson de geste.