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nmoBvcTioit, § m. xxxv

v. 205, et supposer que notre auteur, qui était sûrement à
Montauban (v. 207) quand il commença son poème, ne se
mit à l'œuvre qu'après avoir reçu la nouvelle de la victoire
de las Navas, c'est-à-dire à la fin de juillet ou en août 1212
au plus tôt.

Le comte Baudouin, auprès de qui se rendit Guillem de
Tudèle, et qui fut honoré de sa faveur, était le frère du
comte de Toulouse Raimon VI. Nous pouvons dès mainte-
nant tenir pour certain que Guillem écrivit son récit, sinon
à sa demande, au moins avec l'intention de lui présenter un
jour son poème. Cest, en effet, la condition de la plupart
des œuvres historiques du moyen âge d'avoir été composées,
non pas pour le public en général, mais spécialement pour
un personnage. Et lorsqu'on connaît bien le patron d'un
historien, on est d'autant mieux en état d'apprécier les ten-
dances de l'historien lui-même. Nous allons voir combien,
dans le cas présent, il importe de se rendre compte des cir-
constances dans lesquelles le protecteur de Guillem de
Tudèle a vécu et a péri.

Baudouin ne paraît pas avoir jamais été en faveur auprès
de son frère. Sur ce point nous avons les témoignages con-
cordants de Guillaume de Puylaurens et de Guillem de
Tudèle. Le premier nous fait savoir au ch. XII de sa chro-
nique que Baudouin, et élevé en France, se rendit a la
cour de Raimon pour demeurer avec lui, mais qu'il y reçut
mauvais accueil. Le comte de Toulouse aurait poussé la
malveillance jusqu'à refuser de reconnaître son frère, de
sorte que celui-ci aurait revenir en France se faire don-
ner par les barons et les prélats des lettres constatant son
identité, et alors seulement Raimon aurait consenti à le
recevoir, mais en le traitant, nous dit G. de Puylaurens,
comme un simple particulier. Peu après cependant le comte
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