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imoDCcnoN, § n. xxix

leurs remarquer qu'au moyen âge les poèmes historiques
n'ont eu en général qu'un succès peu durable, excepte lors-
qu'ils embrassaient (comme par exemple le Brut) une
période considérable. En outre, il ne faut pas oublier que la
chanson de la croisade paraît n'avoir jamais été achevée, et
les circonstances, quelles qu'elles soient, qui ont empêché
son achèvement, ont nuire à sa publication.

Cependant on peut trouver au moyen âge quelques rares
traces de notre poème, outre les mss. du texte en vers et de
la rédaction en prose. Nous avons vu (fln du § 4) que G. de
Puylaurens l'avait probablement connu. On peut aussi
constater l'imitation de quelques vers, de quelques locu-
tions, dans le poème de la guerre de Navarre composé,
selon toute apparence, aussitôt après cette guerre, c'est-à-
dire vers 1277 ou 1278, par un auteur d'ailleurs inconnu,
Guillem Anelier de Toulouse. Il s'en faut que tous les cas
d'imitation que je vais citer, et dont quelques-uns ont déjà
été mentionnés par M. Fr. Michel et Don Pablo Daregui
dans leurs éditions du poème de la guerre de Navarre, soient
également concluants. Néanmoins, on ne peut nier, con-
sidérer l'ensemble des rapprochements, qu'il y ait eu chez
Guillem Anelier au moins une réminiscence du poème de la
croisade. Je désigne le poème de la guerre de Navarre par
NAv. et celui de la croisade par CR.

NAV., v. 2461. E Dios pes del défendre, la fin d'une
laisse; même exclamation placée de même dans CR., v. 5975.
Nav., v. 2462 et suiv., les laisses LVIII à LX, sont
énumérés les défenseurs du bourg de Pampelune et de San
Nicolas, me semblent, comme aux éditeurs, imitées de l'énu-
mération analogue qu'on lit dans la dernière laisse de Cr.
Nev., v. 4339 et suiv.

E fom tant grant la noiza e la brega, beos dig,
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