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u nmoDucnotr, v.

bien qu'une autre hypothèse semble a priori admissible.
On remarque surtout que les noms de lieu se présentent
souvent sous la forme vulgaire et sous une forme qui parfois
s'accorde avec celle qu'on trouve dans la chanson. J'ai
déjà mentionné « Martinus de Olit », je citerai encore
« Montem Grenier » (1217), le « Mont Graner » du poème,
v. 5668, et le château « quod dicitur Crista Ârnaldi »
(même année), dans Pierre de Vaux-Cernai simplement
« Castrum Crestse* », mais dans la chanson, « Crest Ar-
naut », v. 5694. Faut-il de l'emploi de ces formes, qui
parfois coïncident avec celles du poème, conclure que ce
dernier ouvrage a été connu d'Aubri ou de l'interpolateur
de sa chronique? Je ne le crois pas non qu'une telle sup-
position ait en soi rien d'inadmissible, surtout si on consi-
dère que l'auteur de cette chronique a fait, en d'autres
parties de l'ouvrage, un usage véritablement extraordinaire
des chansons de geste, mais d'abord parce qu'Aubri, dans le
peu qu'il nous dit de la croisade, a cependant quelques
petits faits qui ne se trouvent nulle autre part, d'où on doit
nécessairement induire qu'il a eu des renseignements à lui
propres'; ensuite parce que tels des noms qu'il cite sont
incorrects, tandis qu'il en eût trouvé la forme correcte dans
le poème; et l'on peut ajouter que parfois ces incorrections
sont de telle nature qu'elles trahissent une origine française,
ainsi lorsque le chroniqueur dit Gaillart (ad ann. 1212')
au lieu de Gaillac. Il est donc permis de supposer qu'Aubri
s'est servi de quelque récit, oral ou écrit, fait en français,
ou du moins par un Français.

1. Bouquet, XIX, 109 c.

2. Voy. notamment les Additions et corrections au t. II du pré.
sent ouvrage, p. 126, n. 1.

3. Le passage est rapporté à l'endroit indiqué dans la note
précédente.
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