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ranoDucnoN, tv. xiij

avoir révélé des faits ou des intentions^tpnr les plus
ardents ennemis des guerres religieuses auraient pas osé
soupçonner.

Sachons-lui gré aussi de l'attention qu'il a eue de nous
apprendre que si Carcassonne, Saint-Antonin, Marmande,
une fois tombées au pouvoir des croisés, n'ont pas été incen-
diées1, ce fut non par un sentiment de pitié pour les habitants,
qui apparemment n'étaient pas tous hérétiques, mais par un
motif de pur intérêt. La même cause avait protégé certaines
villes de Palestine lors de la première croisade il n'est pas
sans intérêt de constater que les mêmes procédés étaient
employés contre les Sarrasins et contre les habitants du
Midi de la France. L'auteur de la seconde partie du poème
nous assure de son côté que si, après la bataille de Muret,
Toulouse ne fut pas incendiée, c'est que Simon trouva plus
profitable de la laisser subsister après en avoir détruit les
fortifications*. Mais une pareille assertion, émanant d'un
écrivain hostile à la croisade, ne saurait en bonne critique
être acceptée, si elle n'était confirmée par le témoignage
irrécusable de Pierre de Vaux-Cernai.

En somme, chez cet auteur, tout est à prendre, tout est
historique les faits, que nous trouvons exacts toutes les
fois que nous pouvons les contrôler à l'aide d'autres récits
ou des documents contemporains; les idées, qui sont celles
mêmes du petit groupe de clercs qui dirigeait la croisade
après l'avoir suscitée.

IV. LES RÉCITS GUILLAUME DE Puylaurens.

Guillaume de Puylaurens est un historien d'un tout autre
1. Ch. XVI, LXII (les passages sont cités dans le t. II du présent
ouvrage, pp. 39, n. 1, et 132, n. 1) et LXXIX.

2. Vers 3126-31.
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