Home Plain text
Text mode Audio mode
page XII (screen 16 of 574)
Next page Previous page  
  Last page First page


lij IHTMWWCTIOH, S ni.

cornes Tolosanus est bien plutôt dolosanus; les habitants
de Castelnaudari sont des Ariens, Ariani. S'il parle, soit
de Gaston de Béarn, adhérent inconstant de Simon de Mont-
fort, puis du comte de Toulouse, soit des comtes de Foix et
de Comminges dont le crime était de ne s'être pas laissé
dépouiller sans résistance, il faut qu'il les qualifie de viri
sceleratissimi. Mais que nous importe? En quoi ces explo-
sions de colère fontrelles tort au récit des faits? Bien au
contraire, il faut nous féliciter d'une intempérance de lan-
gage qui nous permet de distinguer si clairement les senti-
ments des chefs ecclésiastiques de la croisade dans la société
desquels vivait Pierre de Vaux-Cernai.

Plus modéré ou plus circonspect, il nous eût dissimulé
bien des faits, bien des motifs qu'il mentionne comme étant
les plus naturels du monde, comme honorables même, et
qui nous sont infiniment précieux pour apprécier la moralité
de l'entreprise dont il s'était fait l'historien enthousiaste.
Ainsi, c'est à lui que nous devons de savoir par quel acte de
duplicité le légat Arnaut Amalric, « désirant la mort des
ennemis du Christ, mais ne les osant pas condamner à
« mort parce qu'il était moine et prêtre', » empêcha la ca-
pitulation de la ville de Minerve et le salut des hérétiques
qui y étaient renfermés. C'est encore lui qui nous raconte le
miracle de Castres dont le point essentiel est qu'un hérétique,
qui venait d'abjurer l'hérésie, fut cependant condamné
au feu, parce que, disait-on, si sa conversion est feinte,
il sera justement puni; si elle est réelle, le supplice lui
servira du moins pour l'expiation de ses péchés*. Sachons
gré au panégyriste de Simon de Montfort de nous
1. Ch. xxxvii, Bouquet, XIX, 32A.

2. Ch. axn, Bouquet, XIX, 24-5.
Text mode Audio mode
page XII (screen 16 of 574)
Next page Previous page  
  Last page First page
Home Plain text