65 I.E SAC AU DOS. 5 installé daus un coin de l'auberge. Il me laissa aller en me promet- tant de ne pas être long à me rejoindre. Le ruisseau dont je devais suivre le cours baigne le pied des mu- railles du .couvent et descend de la montagne en ouvrant un char- mant vallon boisé, que dominent la redoute de Lindux et le pic de I'~ltabiscar. « C'est là que fut consommée la sanglante défaite de Charlemagne, la seule qu'il n'ait pas vengée » Qui donc, en voyant ces belles vallées et ces magnifiques bois de hêlres, pourrait croire à l'épouvantable tragédie qui s'y est passée il y a dix siècles ? Est-ce de la légende ? Est-ce de l'histoire ? L'une et l'autre. L'histoire veut que dans les défilés de Roncevaux, sous les rochers que les Basques firent rouler sur eux du haut de l'Alta- hiscar, les douze pairs de l'emperetir franck aient été écrasés, que Roland y ait br andi en vain son épée Durandal et sonné pour la dernière fois dans son cor d'ivoire 1 Mais les Basques vainqueurs des Francks, plus exigeants que l'histoire, célèbrent encore aujourd'hui leur victoire dans des chants de guerre, dont voici le plus connu « Un cri s'est élevé du milieu des montagnes des Basques, et le maître de la maison, debout devant sa porte, a ouvert l'oreille et dit « Qui est là? Et que me veut-on? « Et le chien, qui dormait aux pieds de son maître, s'est levé et a rempli de ses aboiements les environs d'Altabiscar. t( Au col d'Haneta un bl'uit retentit. Il approche en frappant à droite et à gauche les rochers. C'est le murmure sourd d'une armée qui vient. Les nôtres y ont répondu du sommet des montagnes. Ils ont fait entendre le signal de leurs cors. Et le maître de la maison aiguise ses flèches « Ilsviennent. Us viennent Quelle haie de lances 1 Comme les ban- nières de toutes couleurs flottent au milieu d'eux! Quels éclairs jail- lissent de leurs armes Combien sont-ils? Enfant, compte-les bien, un, dix, vingt, cent et par milliers d'autres encore on perdrait son temps à les compter. « Unissons nos bras nerveux et souples, déracinons ces rochers. Lançons-les du haut de la montagne en bas jusque sur leurs têtes, écrasons-les, frappons-les de mort. Que voulaient-ils de nos monta- gnes, ces hommes du Nord? Pourquoi sont-ils venus troubler notre