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I.E SAC AU DOS.
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installé daus un coin de l'auberge. Il me laissa aller en me promet-
tant de ne pas être long à me rejoindre.
Le ruisseau dont je devais suivre le cours baigne le pied des mu-
railles du .couvent et descend de la montagne en ouvrant un char-
mant vallon boisé, que dominent la redoute de Lindux et le pic de
I'~ltabiscar.
« C'est là que fut consommée la sanglante défaite de Charlemagne,
la seule qu'il n'ait pas vengée »
Qui donc, en voyant ces belles vallées et ces magnifiques bois de
hêlres, pourrait croire à l'épouvantable tragédie qui s'y est passée il
y a dix siècles ? Est-ce de la légende ? Est-ce de l'histoire ? L'une
et l'autre. L'histoire veut que dans les défilés de Roncevaux, sous
les rochers que les Basques firent rouler sur eux du haut de l'Alta-
hiscar, les douze pairs de l'emperetir franck aient été écrasés, que
Roland y ait br andi en vain son épée Durandal et sonné pour la
dernière fois dans son cor d'ivoire 1 Mais les Basques vainqueurs des
Francks, plus exigeants que l'histoire, célèbrent encore aujourd'hui
leur victoire dans des chants de guerre, dont voici le plus connu
« Un cri s'est élevé du milieu des montagnes des Basques, et le
maître de la maison, debout devant sa porte, a ouvert l'oreille et dit
« Qui est là? Et que me veut-on?
« Et le chien, qui dormait aux pieds de son maître, s'est levé et a
rempli de ses aboiements les environs d'Altabiscar.
t( Au col d'Haneta un bl'uit retentit. Il approche en frappant à droite
et à gauche les rochers. C'est le murmure sourd d'une armée qui vient.
Les nôtres y ont répondu du sommet des montagnes. Ils ont fait
entendre le signal de leurs cors. Et le maître de la maison aiguise
ses flèches
« Ilsviennent. Us viennent Quelle haie de lances 1 Comme les ban-
nières de toutes couleurs flottent au milieu d'eux! Quels éclairs jail-
lissent de leurs armes Combien sont-ils? Enfant, compte-les bien,
un, dix, vingt, cent et par milliers d'autres encore on perdrait son
temps à les compter.
« Unissons nos bras nerveux et souples, déracinons ces rochers.
Lançons-les du haut de la montagne en bas jusque sur leurs têtes,
écrasons-les, frappons-les de mort. Que voulaient-ils de nos monta-
gnes, ces hommes du Nord? Pourquoi sont-ils venus troubler notre