AUX PYRÉNÉES, Iii r Son père surtout car je ne sais par quelle hallucination de mon esprit il me semblait le revoir dans un gros et majestueux person- nage, muet comme une carpe, qui occupait le meilleur coin de la di- ligence Une femme au capulet rouge était assise à côté de moi. Je lui demandai si par hasard elle ne connaissait pas ce voyageur. _Çà, c'est un Anglais, me dit-elle avec un air qui me prouvait que ma question l'avait blessée. Et moi de répondre Si encore il était de Carcassonne t A cette exclamation qui m'échappa malgré moi, la femme me tourna le dos, et les deux voyageurs qui étaient en face de moi, écla- tèrent de rire. C'étaient deux jeunes gens à peu de chose près du même âge, francs d'allures, au visage épaiioiii bien qu'un. peu goguenard et dont l'accent parisien expliquait sans l'excuser la crudité de leur langage. En voilà deux, me dis-je en moi-même, dont je ne ferai jamais mes compagnons.