LE SAC AU l)OC. i~7 la poitrine, tomba sur la brèche de la redoute de Sainte-Barbe, et les Français postés sur les escarpements de la Rhune, durent redes- cendre à Sare pour éviter d'être tournés mais ils furent. de nouveau poursuivis et un grand nombre d'entre eux faits prisonniers. Pendant ce temps, les généraux Clausel et Foy obtenaient quelques succès, l'un en ne cédant pas une ligne de terrain, l'autre en culbutant les troupes qui s'opposaient à son passage, en franchissant les Pyré- nées et menaçant Maya. Qui eût dit alors à ces deux généraux qu'au lieu cle mourir en sol- dats sur un champ de bataille, ils s'éteindraient au pied de la tribune (lui Parlement français, l'un aussi oublié qu'il avait été célèbre, l'autre aussi célèbre et aussi populaire, ~ous les Bourbons, qu'il avait oublié par l'Empire i A cette époque, le général Clausel s'était déjà distingué sous Junot et 111asséna, et avait, par une mémorahle retraite, sauvé l'armée de Portugal en la ramenant en Espagne. Son refus de servir les Bour- bons, après Waterloo, devait lui valoir le bâton de maréchal sous Louis-Philippe. Mais son échec devant Constantine lui infligea un amer châtiment. Le général Foy, lui, servit Louis XVIII, après de brillants services sous l'Empire. Mais qui n'avait pas de .brillants services sous l'Empire? Foy quitta l'armée pour employer son talent d'oraleul' à lutter contre la Restauration qu'il arrêta plusieurs fois dans sa marche rétrograde. Il y trouva la mort, et une renommée qu'aucun parti n'ose atta- (luer. Certes, tous deux, en se trouvant aux Pyrénées soldats de l'Empire, ne songeaient guère à cette destinée. Clausel attendait la mort dans ces redoutes qu'il ne voulait pas abandonner. Foy la cherchait en allant au-devant des ennemis qui violaient nos frontières Cuul'3ge et exploits inutiles L'heure était sonnée. L'ange de la victoire s'était enfui en se voilant les yeux, et la France démoralisée saluait d'une première larme ses premières défaites 1 Comme je suivais du regard vague d'un rêveur éveillé les fantômes line mon esprit évoquait, au lieu même où ils avaient vécu, lutté, aouffert, une main me frappa sur l'épaule, et une voix aussi grosse 'lue la main me cria dans l'oreille Voyez-vous. c'est la faute du commandant t