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traire, avait profité de cet orage, qui avait épargné le camp anglais,
pour faire transporter ses canons sur les hauteurs de Saint-Martial et
préparer, à l'insu des Français, des fascines et des pontons pour le
passage de la Bidassoa.

Le matin de ce jour mémorable, dès la première heure, pendant
(lue le général Soult passait une revue, le canon anglais commençait
il tonner; nos avant-postes étaient culbutés, nos positions prises, et,
presque sans combat, nous battions en retraite 1

Heureusemeut encore pour notre honneur national, que vingt an-
nées de victoires et de conquêtes n'avaient pu entacher, qu'aux
redoutes de Louis XIV et de la Croix des Bouquets, la résistance fut
assez acharnée pour balancer l'issue de la journée.

Le général Clauzel occupait le sommet de la Rhune. En vain les
troupes de l'Andalousie, conduites par le général espagnol Giron, et
les cllasseurs portugais essayèrent-ils de s'emparer de cette impor-
tante position par la ruse, la force ou .l'escalade, ils ne purent y par-
venir. Cette fois le nombre des assaillants échoua contre l'énergie
française. Sans le régiment anglais du colonel Colbourne qui vint il
leur aide, Espagnols et Portugais, qui se retiraient dans le plus grand
désordre, n'auraient pu recommencer l'attaque. Malgré ce secours, le
général Clauzel se maintint dans ses positions jusqu'à la nuit, mais.
par prudence, il les fit évacuer en apprenant que les Espagnols, après
avoir contourné la Rhune, occupaient le territoire français t
En somme, la victoire pouvait être contestée. Les alliés avaient
perdu plus de monde que nous, et si Pampelune n'avait pas capitulé,
Yellington n'aurait pu poursuivre sa mar che triomphale.
Les deux armées restèrent en présence pendant un mois entier.
Soult en profita pour fortifier ses camps de Saint-Pé et d'Espelette,
ainsi que toute cette route calme et sauvage que je parcourais en ce
moment. La droite de nos troupes s'appuyait sur Saint-Jean de Luz
le général Reille la commandait. Au centre, c'est-à-dire au pied de la
Rliutje, le général Clauzel gardait les redoutes. La gauche menaçait
Maya par la route d'Espagne. A sa tête était le général Foy.
Ce ne fut que le 9 novembre qu'eut lieu la vraie bataille dont nous
avons vu le prélude. Dès le début, sur toute la ligne, l'attaque fut si
vigoureusement poussée par les alliés, que les Français battirent en
retraite dès le premier choc. Le, général Couroux, frappé d'une balle à
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