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AUX P~rRl;~l1'.1'rCJ

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Au point extrême la Nive rencontre le flux de la mer, il existaiL
autrefois un pont, qui aujourd'hui n'existe plus, mais dont les' chro-
niques bayonnaises ont gardé fidèlement le tragique souvenir.
En J'an 1341, de Puyanne était maire de Bayonne, pour l'An-
gleterre. Les Anglais tenaient ces deux clefs de la France, Calais et
Bayonne: Les Basques, qui avaient gardé intactes toutes leurs immu-
nités et qui n'auraient jamais souffert que personne, surtout un Anglais.
y touchât, détestaient cordialement ce Landais, ancien corsaire qui
se vantait d'avoir pendu plus de Normands aux vergues de ses vais-
seaux qu'il n'avait de cheveux sur la tête. Bayonne et Rayonnais l'a-
doraient. De cette haine et de cet amour naquirent une guerre achar-
née et de scènes des carnage, qu'un poëte moderne qui les a décrites
a osé appeler une pastorale du moyen âge.

Au nombre des immunités basques,. était le passage en franchise
des denrées et marchandises de toute sorte sur.le territoire de Bayonne
et notamment sur le pont de Proudicies, ce pont dont je parlais tout
à l'heure.

Le maire ne vou:ut pas de ce dernier privilége, il s'empara du
pont, y mit des gardes et exigea un péage, prétendant que la sei-
gneurie de Bayonne ayant souveraineté de la mer devait faire payer
impôt jusqu'où allait le flux. Bien entendu, les Basques se mirent. il
rire, répondant il cette prétention qu'ils n'étaient point des chiens de
matelots pour obéir à un corsaire, et que d'ailleurs le pont ne pou-
vait être considéré comme le point de la plus haute marée. Puis ils
battire~t les gens du pont, massacrant les uns et chassant les autres.
Le fait se renouvela même plusieurs fois.

de Puyanne ne dit rien, laissant Basques et Bayonuais se bat-
tre réciproquement sans qu'on pût décider de quel côté était la vic-
toire. Il fl11enL1uil.

Le jour de la Saint-Barthélemy, 24 août 1342, la noblesse basque
se réunit comme d'habitude au château de ~liots dont on aperçoit les
ruines couvertes de lierre au sommet des coteaux qui dominent la
Nive.

Les Bayonnais avertis de cette réunion se rassemUlèrent en hâte
et, dès le coucher du soleil, conduits par leur maire, ils arrivèrent
sous les murs du château, y mirent le feu et tuèrent tout ce qui s'
trouvait, à l'exceplion de cinq gentilshommes que de Puyanne s'~·-
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