tg SAC AU Do, 4f Un joli voyage à faire, me dit la jeune fille, c'est de Cambo à Bayonne, en barque, par la Nive. Vraiment? demandai-je, à cause du paysage, sans doute ? On a à peine le temps de l'admirer. Voyez-vous, la Nive jusqu'à l'endroit où ses eaux rencontrent la mer montante n'est pas navi- on y a remédié en construisant de loin en loin des barrages qui maintiennent l'eau et donnent plus de force au courant. Ces bar- rages ou plutôt ces nasses son faites de branches de saule et de galets. Elles s'emparent de la rivière et ne lui laissent qu'une ouver- ture large d'un mètre. Les batelets de la Nive n'ont pas plus de lar- beur. Seulement ils sont plats et très-longs. Ils ressemblent aux na- vettes de tisserand ou aux troncs d'arbres des navigateurs primitifs. par un seul homme, ils s'engagent lentement sur la rivière endormie, s'introduisent dans la passe et y glissent doucement. Puis voilà la Nive devenue torrent, qui court, se précipite avec force, en- traînant le bateau qui s'élance au milieu de flots d'écume. Ce sont les émotions d'une course en rapide. De Cambo au point où la Nive rencontre la mer, on passe sept fois par ces émotions. Certes la bar- que n'a rien de commode, on est obligé de rester immobile ou couché, mais la tête est libre et peut admirer au passage la magnifique vallée que parcourt la rivière. Il me semble, répondis-je après avoir par politesse fait écho d'admiration, car je ne goûtais que médiocrement cette .manière de voyager en rapide, que la Nive n'a pas de nasses partout. Je n'en ai pas vu près de Bayonne. En eifet, les nasses cessent à Ustaritz. La dernière chute de la Nive y fait tourner beaucoup de moulins c'est d'un effet charmant. Soit, mais pourquoi dites-vous que la Nive rencontre la, mer ? Elle se jette dans lAdour à Bayonne. Oh! ceci, c'est autre chose. Yous touchez à une des plus curieu- ses légendes du pays basque. Une légende historique? Tout ce qu'il y a de plus historique. Voilà le conducteur qui nous appelle et mon père se réveille. illoutuns eu voiture, pour ne pas rester en l'OU te. llélas il fallut remonter. Mais si j'y gagnai une courbature, j'y gagnaI aussi de connaitre l'histoire de Pé de Puyanne.