AUX PYRÉNÉES, 32 Eu France, ces terrains, où sont enfouis des végétations luxuriantes et des animaux formidables qu'on ne retrouve vivants dans aucun pays, si ce n'est au fond des mers ou dans les entrailles les plus pro- fondes de la terre à moins pourtant que certaines descriptions de pseudo-savants ne soient des rêves, ces terrains, dis-je, sont appelés calcaire carbonifère, terrain houiller et terrain per- mien. La houille est un'trésor de la civilisation moderne que le temps a mis des milliers de siècles à accumuler pour l'homme et qui a la valeur de toutes les mines d'or ou d'argent réunies. C'est cette vé- gétation puissante dont nous avons parlé qui a produit les houillères; aussi les principaux fossiles sont surtout fournis par le règne végétal. Aux terrains permiens appartiennent les premiers animaux. Mais en général les bassins houillers sont toujours adossés à un massif mon- tagneux. Leur fond est formé par le calcaire carbonifère, puis vient une couche charbonneuse que séparent alternativement des couches de grès et de schistes. Et dans ces couches nulle trace de l'homme Enfin, pour terminer cette digression que nous compléterons plus tard, disons que les terrains de transition ne sont pas rares dans les Pyrénées et que nous nous y arrêterons dès que l'occasion se pré- sentera d'en faire une étude spéciale. Ces quelques données scientifiques jetées au courant de la plume et dont mon imagination suivait le vol capricieux, m'avaient fait oublier le compagnon de voyage qui me suivait toujours discrètement. C'est en éclatant de rire que je m'aperçus de mon oubli et voici la cause de ce rire. Je me rappelai que dans une de ces fouilles faites par nos savants pour arracher aux entrailles de la terre les secrets de sa formation, un de mes bons vieux professeurs excellent homme, qu'il me par- donne avait commis une erreur aussi gl'os:se qu'un mastodonte. Il s'agissait de déterminer la présence de l'homme dans un terrain dit de transition, auquel des couches argileuses et. très-minces donnaient cependant une origine peu moderne. Entêté comme un savant, le professeur ramassait les coquilles, les os friables de mollusques ap- pelés « fora~ni~ai fc~~es » très-fréquents du reste dans les Pyrénées, et une masse de débris d'ustensiles et d'armes de toute sorte. Enfin, il