AUX rl~m:es, 30 Pendant que la croûte terrestre se forme, le feu intérieur agit tou- jours. Parfois il éclate en éruptions. Cette croûte se soulève et les eaux en profitent pour affaisser le sol et creuser des plaines. On a déjà un semblant de vallées et de montagnes. Ces vallées sont des océans ces montagnes, des volcans. Peu à peu, le feu diminue d'in- tensité. Il n'a plus que de rares issues et les montagnes qu'il soulève ne sont que des ébauches de volcans. Pour prouver sa présence, il laisse derrière lui des vagues pétrifiées, comme la mer laisse derrière elle des vagues d'écume. Les rivières à leur tour se font un lit dans ce limon malléable dont elles emmènent des parcelles à l'Océan. Ces parcelles s'accumulent et forment des continents. Le profil de la terre devient plus distinct dans la vapeur qui l'environne. Des déluges successifs, à de longs intervalles, changent notre globe avec la même dextérité qu'un sculpteur qui pétrit un morceau d'argile. L'assertion la moins controuvée est celle qui attribue ces déluges aux queues de comète, lesquelles ne sont que la vapeur lais- sée dans l'espace par la marche rapide d'un globe de feu. Les mo- lécules d'eau amassées dans cette vapeur viennent se condenser dans notre atmospUère et produisent ces pluies, dont la Bible signale une seule, mais qui, au lieu de durer qnarante jours, doivent durer peut- être des siècles, à coup sûr assez de temps pour anéantir la vie ani- male et végétale sur toute l'étendue de notre globe. Prenons la terre après un premier déluge et nous arrivons aux ter- rains secondaires ou de transition qui correspondent aux temps histori- ques appelés époques fossilifères, dont la géologie a fait son étude principale. C'est un de ces terrains sur lesquels je me trouvais et qui, bien que l'industrie n'en ait pas encore tiré parti, portent dans leurs flancs des mines de houille où l'histoire des l'évolutions de la terre a laissé des traces ineffaçables. Quand les eaux se retirèrent, bien entendu, nous prenons les données abstraites de la science, sans nous préoccuper de la donnée poétique de la Bible, il resta sur cette croûte terrestre, qui s'était épaissie au fur et à mesure que le feu intérieur diminuait d'inten- sité, un limon épais, dans lequel poussa une végétalion gi~antesque. Les animaux et l'homme ne pouvaient vivre, l'air ambiant n'étant pas