AUX rl~m:es,
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Pendant que la croûte terrestre se forme, le feu intérieur agit tou-
jours. Parfois il éclate en éruptions. Cette croûte se soulève et les
eaux en profitent pour affaisser le sol et creuser des plaines. On a
déjà un semblant de vallées et de montagnes. Ces vallées sont des
océans ces montagnes, des volcans. Peu à peu, le feu diminue d'in-
tensité. Il n'a plus que de rares issues et les montagnes qu'il soulève
ne sont que des ébauches de volcans. Pour prouver sa présence, il
laisse derrière lui des vagues pétrifiées, comme la mer laisse derrière
elle des vagues d'écume.
Les rivières à leur tour se font un lit dans ce limon malléable dont
elles emmènent des parcelles à l'Océan. Ces parcelles s'accumulent
et forment des continents. Le profil de la terre devient plus distinct
dans la vapeur qui l'environne.
Des déluges successifs, à de longs intervalles, changent notre
globe avec la même dextérité qu'un sculpteur qui pétrit un morceau
d'argile. L'assertion la moins controuvée est celle qui attribue ces
déluges aux queues de comète, lesquelles ne sont que la vapeur lais-
sée dans l'espace par la marche rapide d'un globe de feu. Les mo-
lécules d'eau amassées dans cette vapeur viennent se condenser dans
notre atmospUère et produisent ces pluies, dont la Bible signale une
seule, mais qui, au lieu de durer qnarante jours, doivent durer peut-
être des siècles, à coup sûr assez de temps pour anéantir la vie ani-
male et végétale sur toute l'étendue de notre globe.
Prenons la terre après un premier déluge et nous arrivons aux ter-
rains secondaires ou de transition qui correspondent aux temps histori-
ques appelés époques fossilifères, dont la géologie a fait son étude
principale.
C'est un de ces terrains sur lesquels je me trouvais et qui, bien que
l'industrie n'en ait pas encore tiré parti, portent dans leurs flancs des
mines de houille où l'histoire des l'évolutions de la terre a laissé des
traces ineffaçables.
Quand les eaux se retirèrent, bien entendu, nous prenons les
données abstraites de la science, sans nous préoccuper de la donnée
poétique de la Bible, il resta sur cette croûte terrestre, qui s'était
épaissie au fur et à mesure que le feu intérieur diminuait d'inten-
sité, un limon épais, dans lequel poussa une végétalion gi~antesque.
Les animaux et l'homme ne pouvaient vivre, l'air ambiant n'étant pas