AI1Y PYRÉ~E~, 2+ c'est attéiauer mon ignorance et justifier mon hérésie. Quand on n'a vu que les Alpes, peut-on se douter qu'il existe des montagnes rivales, qu'elles s'appellent les Pyrénées ou les Vosges, le Caucase ou l'IIimalaya ? Peut-on ne pas se rappeler ces belles paroles de Michelet: « Rien de comparable aux Alpes. Aucun système de montagnes ne me semble en approcher. C'est le réservoir de l'Europe, le trésor de sa fécondité » Oui, cela est vrai on ne se lasse jamais d'admirer les Alpes parce qu'elles présentent réunies toutes les beautés séparées dans les autres; parce qu'elles sont l'épine dorsale de l'Europe, dont les rami- fications, semblables aux membres d'un corps, déterminent les con- tours du continent parce qu'enfin c'est au relief et à la distribution de leurs glaciers, qui épanchent les eaux de l'Europe occidentale, que les peuples de cette partie du monde doivent indirectement leur vie et leur civilisation Un mot suffira pour établir nettement la différence qui existe entre les Pyrénées et les Alpes. Les premières sont d'une régularité frap- pante les autres semblent n'étre qu'un effrayant désordre. Quand on a vu les Alpes, dit Ramond, et qu'on s'est rassasié de leurs horreurs, on trouve encore dans les Pyrénées des aspects étranges et nouveaux. Du mont Blanc même il faut venir au mont Perdu. Quand on a YU la première des montagnes gi'aniLiques, il reste encore à voir la première des montagnes calcaires Les Pyrénées borneut l'horizon de leur muraille uniforme et hé- rissée de pointes comme une longue scie. Vus de la plaine, leurs contre-for ts apparaissent à peine, bien qu'ils soient très-élevés mais cette élévation relative fait peu d'effet à cause de la disposition régu- lière des pics et de la ressemblance de leurs formes, tandis que les Alpes, toujours plns variées et souvent moins hautes, dressent majes- tueusement leurs sommets neigeux au-dessus des plaines et des autres montagnes. Les cols alpins sont profondément entaillés et s'ouvrent comme d'immenses coupures dans la masse de la chaîne. Les cols pyrénéens ne sont que de simples plateaux dominant le sommet de la crête ou bien des cheminées, sombres ravines creusées dans le roc par le h'arail séculaire des ngcnts nlmosphérif}lIcs.