CHAPITRE II Les Alpes et les Pyrénées. Comparaison géog~u~hi~ue. Opinion d'Élisée Reclus. Panorama de la Rhune. Un témo1l1 indiscret. l:rudition géo- logique. Comment la terre s'est formée. Théories de Cuvier et de Buffon. Le déluge. L'homme fossile. Une paire de mouchettes anté- diluviennes. Ce qu'était le témoin indiscret. Chien et chat. Une légende et un vers du Coran. L'aubergiste. Un Anglais et une An= glaise de Carcassonne. Route de Curnbo. Ilistoire succincte de mes compagnons de voyage. Causerie à pr opos de légende et d'histoire. Pé de Puyanne. Le pont de Bayonne. Soult et Wellington. Souvenirs historiques. Les généraux Foy et Clauzel. Suite de ma causerie avec mademoiselle Rose. Les eaux de Cambo. La nuit de la Saint-Jean. Le Pas de Roland. La stupéfaction dans laquelle j'étais plongé a son excuse dans l'àdmiration sans bornes et exclusive que j'avais toujours eue pour les Alpes. J'avais voyagé si souvent en Suisse que je sentis un jour lé besoin de publier une descriplion de ses montagnes,' écrite avec plus de soin que de talent. Aussi, lonteux de mon ignorance des beautés pyrénéennes, pour pallier la blessure faite à inon' amour- propre de voy*a,,eur et d'écrivain, je résolus, à la place même où mes yeux s'étaient ouverts à la 'lumière, de voyager dans les Pyrénéès el t d'écrire les impressions de mon voyage. Certes, pour atteindre ce but, j'en prévoyais déjà toutes les difficultés. Il en est des montagnes comme de tout ce qui est grand; pour pouvoir rendre leurs saisissantes beautés, il faut étre un grand poëte ou un grand peintre. Or, je ne suis ni l'un ni l'autre. Mais ne faut-il pas que mon ignorance et mon hérésie fassent amende liono- rable devant le 'plus sublime spectacle de la nature, dédaigné et mé- connu pendant longtemps par le plus ignoré de ses sujets ? Seulement, je n'oserais pas commencer ce travail, si je ne plaçais ici ma justification, laquelle, à vrai dire, figurerait mieux à la fin de ce livre qu'au commencement. Comparer les Alpes aux Pyrénées,