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LE SAC AU DOS. n

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Ce n'est pas ce spectacle que la mode parisienne est venu chercher
à la dernière limite de la France aussi les Espagnols et les Basques
exploitent avec conscience les touristes ou baigneurs qui habitent
,Biarritz. Sur la plage, les marchands de curiosités abondent. Il n'est
es rare de voir un négociant de la rue du Mail qui porte un binocle
et se fait appeler milord, acheter cinq francs un mouchoir qu'il ven-
drait pour quinze sous à Paris.

Les dames aussi se laissent prendre. Il est vrai qu'elles ont pour.
excuse leur nature essentiellement curieuse et en outre l'oisiveté, un
terrible ennemi. Elles sont assises sur la plage, causent, brodent o~:
rêvent. Les marchands pittoresquement vêtus arrivent et ouvrent
-Jeur trésor. C'en est assez pour qu'elles saisissent au vol une distrac-
;aion nouvelle.

J'ai vu de Biarritz ce que je voulais y voir. L'ensemble est insi-
et ses arcliiiectes ne l'empêcheront pas de ressembler à, une.
"paysanne endimanchée. Ne voulant rien sacrifier à cette idole de,la
ode, je la quitte sans regret, d'autant mieux que, toujours par la
loi des associations d'idées, je songe subitement aux carlistes dont
,ije me suis trop éloigné et dont jedois me rapprocherà Saint-Jean de
:'Luz, je vais me reposer des fatigues d'une journée mal employée,
'dans un bon lit de l'hôtel de France.

Ma foi, me dis-je en m'éveillant le lendemain frais et dispos, leç.
'-carlistes attendront encore.

~i En effet, si Guettary, qui a peu de chose à voir, m'avait retenu si
Saint-Jean de Luz, qui est. plus important à tous les points
de vue, devait me retenir davantage. p

Ma première visite fut pour la mer. Je partis sans guide, sans in-
dication aucune, mais j'entendais le grondement de l'Océan qui pour-
suivait de sa fureur les côtes de la Biscaye. Je n'avais pas à me
Lromper et je me fiai à mon inspiration.

En voyage, ce système a bien ses agréments, mais il a aussi ses in-
convénienls. Je marchais toujours, oubliant la longueur de la route
et laissant mon esprit à défaut de mes yeux se repaître des descrip-
tions éloquentes de M. de Quatrefages. Je nl'attendais toujours à me
trouver en face de ces larges plateaux de rochers la mer se'brise
avec violence et a détruit depuis des siècles tous les travaux entre-
pris pour l'endiguer. J'aurais déjà voulu entrevoir les ruines de cette
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