AUX PYRÉNÉES,
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mers boréales, dé~id~s à nè plus habiter cet océan inhospitalier où ils
avaient été si heureux 1
Quand l'empire' romain croula et que l'invasion des barbares.rendit
les Basques à leur. pays et à leurs occupations favorites, les pêcheurs
reprirent la mer et les. ,'chasseurs la montagne. Alors une autre
'guerre tecomméIiça, celle des, hommes c'ontre les animaux. Et un
siècle,après, on pouvait cornpter encore les ours et les isards dans les
Pyrénées, mais on ne comptait déjà plus de baleines dans l'Océan.
Les Basques ne se tinrent pas pour battus, ils poursuivirent les
baleines de mer en mer, jusqu'aux pôles.
L'Océan, sur la plainte du roi de ses poissons, se fâcha et, tout écu-
mant de colère, fit défendre aux Basques de sortir de leurs ports
sans sa permission. Les Basques ne l'écoutèrent pas, et leur harpon
continua de décimer la race des baleines.
Cette fois l'Océan ne menaça plus; il agit.
Puisque ces peuples orgueilleux me font la guerre, dit-il, je la
,leur ferai à mon tour. Ils sont sortis de leurs ports. Ils n'y rentre-
ront pas. Leurs rivages se couvriront d'écueils où les vagues en se
'brisant empêcheront l'approche de leurs bateaux.
Bah cela n'y fit rien. Le Basque aime le danger. Et depuis des
siècles et des siècles, il y a lutte entre cette nation héroïque et les la-
mes de l'Océan.
Voilà pourquoi l'Océan en fureur déchire constamment les côtes
et y cause tant de ravages, Cela durera jusqu'à un nouveau déluge,
mais les Basques n'auront pas cédé. Ils seront restés les grands pê..
cheurs et les bons marins d'autrefois. Nous les retrouverons bientôt.
Il eût été difficile de ne pas se rappeler cette légende devant le
spectacle qu'offrait à mes yeux la barre de l'Adour.
Jevousl'aidéjàdit, c'était une meren tourmente, battant sans aucune
pitié les étroites jetées, faible barrière en apparence, mais qui a suffi
jusqu'à ce jour pour protéger les rives sablonneuses' contre toute
érosion. A mesure que je m'avançais vers les hauteurs de la plate-
forme que 'surplombe la tour des signaux, le bruit du ressac redou-
blait, et quand je pus embrasser d'un coup d'œill'embouchure et ses
abords, je fus terrifié de cette colère de l'Océan s'acharnant contre une
humble rivière.
La plage mince et basse était hérissée de dunes de sable et de,