A TRAVERS LA FRANCE royal était réduit à quatre écus et qui, traitant La Hire et Xaintrailles, n'avait à leur offrir que deux poulets et une queue de mouton puis la venue de Jeanne d'Arc promettant au roi la vic- toire et le sacre; plus tard, les brillants sé- jours de Charles VII à Chinon, les fêtes et les tournois durant les années de trêve, où la France respirait, où le roi se donnait corps et âme à sa passion pour Agnès, Dans la basse-ville, surgit le souvenir de Philippe de Commines, à qui Louis XI accorda le gouvernement de Chinon et qui fit achever. la nef et le joli portail de l'église Saint-Étienne. Mais, aujourd'hui, je veux rabe- laiser et rien que rabelaiser à Chinon et en Chi- nonais. Chinonensis, dit Rabelais Cela signifie-t-il qu'il naquit dans la ville même? On l'a prétendu. Son père, dit-on, tenait une hôtellerie à l'ensei- gne de la Lamproie. Cette maison a été recons- truite, en grande partie, au dix-septième siècle. Une plaque commémorative rappelle que là vécut la famille de Rabelais. Mais fut-ce bien à cette place que naquit l'auteur de Pantagruel? Un ha- meau voisin de Chinon et appelé la Devinière dis- pute à la rue de la Lamproie l'honneur d'avoir été le « berceau » de Rabelais. Les érudits penchent pour le hameau. Tout à l'heure, nous irons à la Devinière. En attendant, j'ouvre un pauvre petit Rabe- lais de quatre sous, imprimé avec des têtes de clous, que j'ai acheté sur mon chemin pour me servir de bréviaire en mon pèlerinage et j'y vois comment Pantagruel et ses compagnons, se ren-