VALENÇAY 59 propre et peut-être de vengeance, la placèrent dans la ligne des grands intérêts publics ». Vi- trolles veut parler d'Erfurth et de Vienne. Cette psychologie est· à peu près la même que celle à laquelle s'était arrêté Sainte-Beuve, sans d'ail- leurs avoir lu Vitrolles dont les .~lémoire.s ne furent publiés qu'en i884. Selon Vitrolles, il n'était resté à Talleyrand ni une amitié ni un dévouement. Vitrolles se trom- pait. Les ~llémoires de madame de Rémusat l'ont montré. Talleyrand avait fait dans sa vie privée et pu- blique une si large place aux femmes que celles-ci eussent été terriblement ingrates si elles n'avaient point plaidé pour lui les circonstances atténuantes. A dire vrai, il n'avait eu à se louer ni de ma- dame de Staël, il qui d'ailleurs il avait emprunté de l'argent, ni de George Sand, qui l'a outragé dans des pages d'une rhétorique intolérable (Lettres cl'u~a z,oJagezcr). Mais madame de Rémusat l'a un peu dédommagé de ces injures de bas-bleus. Madame de Rémusat était liée à Talleyrand par la reconnaissance. Le prince de Benévent fit beau- coup pour la fortune de M. de Rémusat. D'autre part, il daigna prendre plaisir à la conversation de madame de Rémusat et, celle-ci l'avoue, sa « petite vanité en fut très satisfaite. « On exa- mina, dit-elle, cette petite femme de vingt-sept ans, médiocrement jolie, froide et réservée clans le monde, que rien d'éclatant ne dénonçait, dé- vouée aux habitudes d'une vie pure et morale et qu'un si grand personnage s'amusait à mettre en évidence. »