VALENÇAY 53 x s Près du chàteau, à l'entrée du parc, faisant vis- à-vis à une belle pelouse, s'abrite, dans une épaisse clarrnille, un banc de bois en demi-cer- cle son dossier droit figure une croix d'honneur. Le décor est à souhait pour y ressusciter la figure du vieux Talreyrand, du « renard octogénaire » (l'expression est de George Sand). Sur sa vie à Valençay, les anecdotiers nous ont abondamment renseignés. Levé tôt, il a procédé à une interminable toi- lette, car il a le goût de l'hygiène et se défend contre le temps comme une vieille coquette. Il efface ses rides, poudre ses longs cheveux, com- pose son visage. En vieillissant, le joli abbé de Périgord « avait tourné à la tête de mort ses yeux étaient ternes, de sorte qu'on avait peine à y lire, ce qui le servait si bien comme il avait reçu beaucoup de mépris, il s'en était imprégné, et il l'avait placé dans les deux coins pendants cle sa bouche ». Vous avez reconnu la touche de Chateaubriand elle est admirable mais elle est trop cruelle. Ary Scheffer a peint Talleyrand, la dernière année de sa vie. Le front et le regard ont de la grandeur. C'est, selon l'expression popu- laire, {( un beau vieillard, bien conservé ». Ayant, fait son visage à la façon des comé- diens, Talleyrand se met au travail. Il a cou- tume à Valençay, de travailler plusieurs heures chaque jour. Aquoi travaille-t-il?Ases ll~féntoires, toujours à ses .~lémoires qu'il reprend, corrige et